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L'art de l'entretien radiophonique    Page 9 sur 16

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Et donc quoi ? Je sais pas, dit Richeux, je sais pas - le Mar 06 Mai 2014, 21:24

Une aimable correspondante nous signale cet extrait qui l'a affligée et amenée à passer sur France Musique (France Culture s'évertuant à faire fuir ses auditeurs).

C'est effectivement désolant et ce qui précède et suit est de la même eau. Pauvre invité, pauvres auditeurs. Et ça chaque après-midi, par on ne sait quelle décision de directeur du personnel de Radio France/France Culture !

-[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/05/s19/NET_FC_eb343547-1415-4161-b9e6-be22d4bccfe1.mp3" debut="35:15" fin="36:10"]

dans Un vrai-faux journal des années 30 où l'on peut lire, entre autres bêtises : « [César Fauxbras] fut aussi chômeur dans les années creuses ».

Si quelqu'un sait ce que sont « les années creuses », je suis preneur de l'information.

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Interruptions - le Mer 07 Mai 2014, 09:40

Pourquoi faut-il qu'Emmanuel Laurentin interrompe ses savants invités pour placer une observation inutile, un commentaire rigolard, des exclamations, des 'hum hum", qu'il finisse les phrases des professeurs et rompe ainsi la logique en cours de développement et l'écoute sereine de l'auditeur? C'est le cas en ce moment face aux passionnants Jacques Dalarun, directeur de recherche au CNRS, Membre de l’Institut , Michel Sot, professeur honoraire à l’université Paris IV-Sorbonne, et Elisabeth Lusset, pensionnaire de la Fondation Thiers, rattachée au LAMOP Université Paris I - Panthéon-Sorbonne. Pénible.

Laurentin, comme tant d'autres de la chaîne, a peur de ne pas être au centre de l'attention. Trop d'ego, trop d'ego. Symptomatique de France Culture.

Et quelle, euh, introduction,euh,emberlificotée, euh, à cette, euh, émission, euh : Débat : Europe et chrétienneté [sic]. Oui "chrétienneté", c'est le titre.

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De la parole et du silence - le Lun 12 Mai 2014, 00:07

Le 27 avril dernier, Marc-Alain Ouaknine recevait, dans son émission Talmudiques, le rabbin Yeshaya Dalsace, par ailleurs comédien, metteur en scène et homme de radio (à Kol Israël) et pas du tout haut-rhinois, ni bas. Dans l'entretien portant sur l'art d'interroger un texte du Talmud, M. Ouaknine enchaîne les tentatives d'interruption, y parvenant parfois, lorsque son invité renonce à se faire entendre, et dévoile en faisant une bévue qu'il n'a pas préparé son émission avec ledit invité : adieu le suspense talmudique ! Irritant.

[son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/02/s09/NET_FC_e98aeacc-1653-4730-874e-54e72155b548.mp3" debut="09:55" fin="10:39"]

En revanche, la drôlerie vient de la remarque du rabbin plutôt vif, qui parvient à faire taire M. Ouaknine pendant... dix secondes ! Le rabbin Dalsace a touché juste, car cette remarque est profonde et concerne l'art de l'entretien en général et radiophonique en particulier. Il a mis le doigt sur un défaut majeur et récurrent, dont il est souvent question dans les pages de ce forum, de beaucoup trop de producteurs de FC : couper la parole des invités. Ainsi, la remarque est amusante mais peut, si l'on y prête attention, amener l'auditeur à réfléchir aux conditions essentielles de l'écoute.

Le pilpoul est un art de la casuistique noble mais difficile, nous en conviendrons tous.

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Silence ! - le Ven 16 Mai 2014, 19:10

Concernant Marc-Alain Ouaknin, un billet d'Antoine Arnoux de décembre 2013 dans la rubrique Talmudiques « Car nous voulons la Nuance encor » a bien cerné le personnage et son style.  Pas de surprise, donc, à l'entendre interrompre sans cesse son interlocuteur, car il fait partie de ces producteurs convaincus que l'émission qu'ils animent est faite pour eux-mêmes et que l'invité n'est qu'un faire-valoir.

Merci pour l'extrait où l'invité rappelle à M.Ouaknin que le silence, même à la radio, a quelque utilité. Le silence de l'intervieweur, s'entend.

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C'était Pierre Dumayet... - le Lun 30 Juin 2014, 11:58

Dans la Nuit rêvée que vient de lui consacrer FC, Robert Bober cite 2 fois Pierre Dumayet

<< Notre boulot c'est d'écouter. La question que nous posons n'est qu'un intermède entre deux réponses.  Elle ne sert qu'à prolonger ce qui vient d'être dit. >>

<< Je ne voudrais pas vous empêcher de nous apprendre ce que vous allez dire si je me tais encore un peu. >>

De la mémoire de Bober, on entend ces deux citations dans le premier de ses 3 échanges avec Geneviève Huttin. Il évoque sa longue collaboration avec Pierre Dumayet, qui sera présenté comme un inventeur de formes radiophoniques. Bizarrement d'ailleurs, car c'est vrai surtout de la télé, où Dumayet n'aura cessé de créer des formules neuves, destinées à vivre une saison ou deux : Lire c'est vivre, Questions sans visage, Vocations. Des formules littéraires où il faisait entrer le lecteur dans l'analyse, où il montrait l'interaction entre les archives, les bibliothèques et l'édition. Mais aussi des formules d'interview qui tranchaient sur l'usage : par exemple de l'interview en aveugle (comprendre : l'interviewé et l'intervieweur sont dans deux pièces différentes, ils communiquent par micro et haut-parleur et comme la voix de l'interviewé est brouillée, l'intervieweur ne sait pas à qui il s'adresse). Ou bien de l'interview en caméra cachée ou plutôt, faussement arrêtée : alors qu'on prépare l'émission, l'interviewé ne sait pas que la caméra est déjà lancée il est donc parfaitement naturel ; ensuite quand on crie moteur il devient différent ; et encore après on filme le débriefing où lui-même compare ces deux images qu'il a donné de lui-même. Et pour finir, on passe les 3 séquences, comme les 3 actes d'une pièce. Comme on s'en doute, il y avait de la surprise au programme. Je cite un seul exemple : Jankélévitch qui se trouvait des airs d'intellectuel ennuyeux et pérorant.

./...



Dernière édition par Nessie le Jeu 03 Juil 2014, 12:34, édité 3 fois

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Antoine Perraud c'est l'anti-Dumayet - le Lun 30 Juin 2014, 12:10

./...

Quant à l'interview ordinaire, en complément des deux rappels de Bober cités au post précédent, il faut dire que Dumayet était un faux taiseux : entendez que s'il pratiquait le silence comme méthode d'interview, c'était de façon bien contraire à sa nature. Sa nature, et son autre méthode, c'était l'art de la conversation au micro.

En revanche un qui ne se contraint point c'est Antoine Perraud. Robert Bober avait placé dans son programme rêvé une interview du premier par le second. L'ironie est qu'en faisant de l'interview une conversation, Dumayet a ouvert la porte à nombre de Chancel, Laure Adler, Serge Daney, Jean-Louis Ezine, Antoine Perraud, qui montrent à chacune de leurs questions ou presque, que leur parole leur semble plus importante que celle de l'invité. Dans cet entretien d'une heure, Bober en personnage humble et non exempt de naïvetés, remarque qu'en l'occurrence Perraud  a suivi les conseils de Dumayet. Ce qu'on peut regretter, c'est qu'il semble les avoir définitivement oubliés à peine bouclé ladite émission, pour faire de sa propre personne le diamant radiophonique de Tire-ta-langue. Un diamant Achille-Talonnique, toujours pressé d'étaler son savoir. Résultat : des présentations interminables, des questions qui ne le sont pas moins étant donné que chacun contient une micro-thèse avec sa problématique ou bien un aperçu encyclopédique. Et puis la spécialité d'Antoine : l'étalage de culture par l'incise glissée dans la discussion, finement et rapidement des fois que l'invité entendrait précéder l'Antoine et lui voler son casse-croûte. Voila pour le texte et quant à l'interprétation : un ton farce mal joué, surjoué, lourdement joué comme on voudra.
A chacun ses vices me direz-vous : Jacques Chancel c'est la psychologisation neu-neu. Laure Adler c'est la nunucherie faite militante. Serge Daney c'est la divagation fumeuse. Jean-Louis Ezine c'est "regardez comme je suis drôle avec mes blagues lourdingues pour cacher que je n'ai rien à dire sur le livre que j'aurais pourtant dû lire". Au moins, Perraud évite ces écueils, car il tient bien serré le gouvernail de sa propre vanité. De là, une intense préparation car quand on est soucieux d'étaler afin de briller, la moindre des choses est de commencer par récolter. Ainsi a-t-il créé son propre style : la vanité faite homme de micro, et même de microphone comme il dit dans un de ses réguliers accès d'hyper-correction qui caractérise le cuistre. Il a peut-être peur de passer lui-même pour 'micro', ce méga-vaniteux... ? Antoine veut montrer qu'il sait, d'ailleurs il sait des tas de choses, et il veut montrer tout ce qu'il sait. Là est la définition du cuistre.

J'ai écrit ce Nième catalogue de mon exaspération pour qu'on ne me reproche pas de céder à la tentation du reproche sec et sans étayage, qui faisait immédiatement suite aux deux citations de Robert Bober dans une première version de ce post : Antoine Perraud, c'est l'anti-Dumayet.

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« Vous allez bien ? Bon... » Une fois, deux fois... - le Mar 11 Nov 2014, 23:14

L' anti-art de l'entretien (et anti-art radiophonique) par Jean de Loisy dans le numéro Lumière et couleur (la théorie de Goethe) , de Turner. À l'adresse de sa première invitée : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/11/s45/RF_2D2C1620-167D-41EB-BD4C-6E0D3D04EEB2_GENE_0.MP3" debut="03:03" fin="03:13"]
Deux minutes plus tard, rebelote : [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/11/s45/RF_2D2C1620-167D-41EB-BD4C-6E0D3D04EEB2_GENE_0.MP3" debut="03:55" fin="04:09"]

« Vous allez bien ? » « Bon-on-on... » ou l'art de mettre l'auditeur mal à l'aise (et l'invité dans l'embarras).

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Laure Adler quotidiennement, mais pourquoi donc ? - le Lun 05 Jan 2015, 22:41

« Quel âge vous avez, Monique Lévy-Strauss ? »

« Vous êtes une maline [sic], Monique Lévy-Strauss » ;
« Vous avez entendu les bombardements en 1938... » « Non, il n'y avait pas encore de bombardement en 38 » ;
« À quel moment avez-vous rencontré Claude ? » « J'ai rencontré Claude Lévy-Strauss... » (répond son épouse) ;
« C'était intéressant la vie avec lui ? » ;
« Ben merci, Monique Lévy-Strauss ».

En ce moment, à écouter *. Une invitée de 89 ans, qui ne mérite vraiment pas d'être interrogée sur ce ton, avec ces questions et cette langue relâchée.

Une mémoire du siècle mal traitée. Fin d'entretien bâclée. Dommage. L'invitée mérite toute l'attention de l'auditeur.  

* Impression que les deux personnes ne sont pas dans le même lieu, question de micro ?

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Laure Adler : son dernier oral avant la retraite - le Mer 07 Jan 2015, 11:21

L'entretien est bien plus intéressant que celui qu'en a fait Caroline Broué jeudi dernier, mais qu'on ne s'y trompe pas : c'est essentiellement à cause de sa durée. Car du côté de Laure Adler nous avons là une panoplie des erreurs à ne pas commettre :

- Comme tous les soirs ou presque, les questions de l'intervieweuse naviguent d'un extrême à l'autre sans jamais trouver ni d'ailleurs chercher le moyen terme ou la note juste : à un extrême nous avons la question interminable et pré-mâchée, plus qu'orientée, qui contient d'elle-même sa réponse et qui finalement n'en recueille une que parce qu'elle était tellement à côté de la plaque, que l'invitée reprend tout à zéro. Et à l'autre bout nous avons la question totalement creuse, celle de la totale paresse intellectuelle : "Pourquoi ? " ou "Comment ?" envoyée sans délai comme on le ferait d'une reprise de volée après la montée au filet, comme s'il s'agissait de clouer l'interlocuteur, de le cueillir sans le laisser respirer. De telles questions n'apportent rien, ne donnent même pas un axe de réponse et n'aident absolument pas l'invité. Elles ont le même effet qu'un vague encouragement (au mieux) à poursuivre, ou (au pire) une injonction plus ou moins comminatoire : "Continuez..." ou "Veuillez préciser s'il vous plait j'ai les moyens de vous faire parler !". Zéro travail et ambiance Quai des orfèvres, mais pas en orfèvre de l'interview.

- Mentionnée plus haut par Philaunet et ci-dessous pastillée, il y a la formidable faute de goût de la 30e minute quand la nunuche qui avait jusque là évité son habituel "Votre amoureux" pour mentionner l'époux de Monique Lévi-Strauss, ne peut toutefois éviter d'imiter cette dernière et de désigner le mari par son prénom seul : "Claude". A la suite de quoi reprenant la parole, l'invitée trahit sa gêne et rétablit la distance : elle attaque sa réponse en redonnant à son époux un nom complet "Claude Lévi-Strauss". On savait depuis longtemps que Laure Adler ne sait pas demeurer à sa place. En voila une confirmation. [son mp3="http://franceculture.fr/sites/default/files/sons/2014/10/s44/NET_FC_3d092fc9-a6d0-4e33-8651-6b96b3568ac3.mp3" debut="29:24" fin="29:55"]

- Il y a les bourdes de la journaliste qui connait fichtrement bien son sujet : "vous avez vécu avec lui toutes ses expériences ethnographiques". Sauf qu'à proprement parler il n'y en a pas eu. Les voyages de CLS pendant sa vie d'après-guerre ne sont pas des expériences ethnographiques. C'est d'avant la guerre donc d'avant la rencontre que datent ses petites tournées dans le Mato Grosso, si elles sont authentiquement des expéditions de cette sorte. Laure Adler qui ne sait rien ne sait pas ça. On ne sait même pas ce qu'elle a pu retenir de la lecture de Tristes tropiques.

- A la fin de la 23e minute quand Laure Adler entreprend de lire un extrait du livre (sur la théorie des races), elle bute sur un mot et c'est excusable puisque c'est un mot inconnu d'elle et on se doute bien qu'il y aurait là de quoi remplir plusieurs dictionnaires. Sauf que ça trahit le manque de préparation : l'extrait devrait avoir été lu avant au moins une fois avec soin suivi d'une vérification du sens, pour clarifier ce mot douteux. Et si la recherche ne donne rien, au moins la familiarisation avec le terme aura eu lieu. Mais non rien de tout ça. Pas si professionnelle que ça hein Laura Delair.

- Il y a la détestable habitude des questions standard qui tombent quasi de façon réflexe quand le silence produit un appel d'air dans le cigare de Laura Delair. Résultat : en rupture complète avec le fil de la discussion, elle lâche alors un "Et qu'attendez-vous de la vie ?". Très approprié pour une invitée de 80 ans.

Il est temps de donner à cette piètre élève de Jacques Chancel la note qu'elle mérite : on lui met un 4 sur 20 et c'est bien généreux.

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Jeu 08 Jan 2015, 21:55

@Nessie a écrit:L'entretien est bien plus intéressant que celui qu'en a fait Caroline Broué jeudi dernier, mais qu'on ne s'y trompe pas : c'est essentiellement à cause de sa durée. Car du côté de Laure Adler nous avons là une panoplie des erreurs à ne pas commettre :
(...)
- Il y a la détestable habitude des questions standard qui tombent quasi de façon réflexe quand le silence produit un appel d'air dans le cigare de Laura Delair. Résultat : en rupture complète avec le fil de la discussion, elle lâche alors un "Et qu'attendez-vous de la vie ?". Très approprié pour une invitée de 80 ans.
(...)

J'ai lu trois fois votre contribution plus haut,  Laure Adler : son dernier oral avant la retraite, et j'y ai pris grand plaisir. Votre analyse sans faille est utile à qui s'intéresse à l'art de l'interview et à sa pratique à France Culture.

J'ai été particulièrement gêné par la question de fin d'émission que vous relevez et l'insistance de Laure Adler sur ce qu'attend de la vie l'invitée de 89 ans. MLS réussit à répondre avec élégance et politesse, mais on ressent un malaise certain à entendre Laure Adler en rajouter sur le sujet avec cette grossièreté assumée qui est bien pire qu'une faute de goût.

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Re: L'art de l'entretien radiophonique - le Jeu 12 Fév 2015, 00:30

Tout à fait pitoyable est le A voix nue diffusé en ce jour de grève : Graeme Allwright a bientôt 90 ans, on ne trouve plus ni la chaleur de sa voix, ni même son punch de militant, certes daté des 70's mais à peine aussi ringard que les engagements alter de la raie d'action.

Les questions de Victor Macé de Lépinay sont à la fois sans imagination, sans connaissance du sujet. Le numéro de ce soir portait grandement sur la traduction : de l'anglais vers le français (Leonard Cohen) et du français vers l'anglais (Dgeorges Brassens) mais pas de pot : l'intervieweur ne sait pas que la traduction de Brassens en anglais n'est pas d'Allwright mais d'un écossais nommé Andrew Kelly. Une question pour rien. Pas de montage non non sans qu'on sache si c'est par une perversion de l'honnêteté professionnelle, par économie ou par paresse ce qui d'aileurs reviendrait au même.

Et les questions sur Cohen : quel sommet de finesse. "Alors L'étranger c'est un texte mystérieux hein ?" Oui répond l'autre. Et alors caisse que ça veut dire ? Le chanteur se défile, on ne sait pas s'il s'en fout ou bien si tout simplement il n'ose pas  dire à Macé de Lépinay que la poésie ça demeure couramment assez obscur, ou ambigü. Mais l'intervieweur insiste : Comment on peut traduire ce qu'on ne comprend pas ? Ma parole il est idiot ou quoi ce mec ? Les mots de "Stranger song" sont tellement usuels, tellement courants et les vers de la chanson tellement simples, que la traduction proche de l'original est quasi du mot à mot. Le mystère de ce texte n'est pas dans la compréhension de base mais dans le vague de la référence. Voila pourquoi il se traduit aisément et avec lui se traduit sa part de mystère. Le producteur est visiblement intéressé par son sujet, mais il n'a donc préparé aucune question qui puisse échapper au questionnement superficiel ?  

On feint de croire que l'artiste se produit encore, mais alors on se demande bien où car quand l'intervieweur qui visiblement n'a rien préparé, lui demande de pousser la chansonnette, là c'est la déroute. Il massacre quelques uns de ses classiques : "Demain sera bien" (d'après Tonight will be fine) et "Petit garçon". Fuse alors une question à la Laure Adler : "Quand vous chantez ça sur scène, les gens y reprennent avec vous ?". On a honte d'écouter un tel travail d'amateur.  Anyway, le chanteur est épuisé, la voix n'y est plus, l'énergie non plus. Cette interview vient au moins 10 ou 15 ans trop tard.

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Re: L'art de l'entretien radiophonique -

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