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Les Matins de France Culture    Page 67 sur 76

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Journal des occasions manquées - le Lun 01 Oct 2018, 11:10

Ecouter les matins, c'est se désoler de l'absence de diversité dans les sujets choisis, de la quasi-absence d'invités culturels, et du manque de maîtrise des sujets par leur producteur, qui, en matinalier généraliste, ne fait que ressortir les deux clichés qu'il connait pour chaque sujet qui se présente. Ajoutons à cela l'obsession du personnel politique : qui critique qui, telle polémique est-elle justifiée, de quoi telle petite phrase est-elle le nom etc. Aujourd'hui, Guillaume Erner recevait Anne Hidalgo, la maire de Paris. En termes plus simples : Guillaume Erner avait dans son studio la maire de Paris. Quelle occasion ! Des centaines de questions viennent à l'esprit. Comment G. Erner a-t-il pu passer totalement à côté de son sujet ?

- Aucune question précise pour ouvrir l'entretien, et A.H. peut donc dérouler sans problème de longues banalités sur le rôle du maire, sur son engagement quotidien, bref, la parole anesthésiante et vide de sens que tout politique apprend à maîtriser pour remplir de l'espace et du temps. Développements sur les villes-mondes etc. etc. etc.

- Un petit virage pour commenter l'état actuel du PS (G.E. l'interroge comme une analyste politique ou une prof à Science-Po, et nous n'apprenons rien d'autre que ce qui a déjà été dit)

- Une question idiote sans but apparent : "vous êtes née à Cadix ? Souhaiteriez-vous vous présenter là-bas comme Manuel Valls à Barcelone hin hin hin?" (rire con). Le but de cette question : l'inciter à débiner Valls, pour avoir une petite phrase.

- Un peu de "Sauvez la planète" (thématique obligatoire)

- Revenir à la charge pour essayer d'obtenir quelques mesquineries sur ses adversaires politiques (et Valérie Pécresse ? Please dites quelque chose de méchant au micro, même juste un peu aigre ça suffira).

- Conclusion avec l'éloge par la principale intéressée de son action politique (Paris sans voiture, logements sociaux, inégalités).

Il y avait une époque où on soupçonnait les animateurs de se coordonner avec les invités pour le choix des questions, mais à France Culture, ce n'est pas nécessaire car l'animateur est en symbiose avec l'invité "qui va bien". Aucune question qui fâche, aucun dossier difficile n'a été abordé. Aucune espèce de mention de mécontentement. Mais le pire est que, pour la matinale de France Culture, à aucun moment la politique culturelle et patrimoniale de l'actuelle mandature n'a été évoquée. Rien, pas un mot. Les sujets et les urgences ne manquent pas, surtout si on est un lecteur régulier de la Tribune de l'art. Comment peut-on rater autant d'occasions ? Et passer à côté des sujets propres à une station comme France Culture ? La direction ne semble toujours pas comprendre le fait qu'une matinale par un seul matinalier pour des sujets divers est un pari impossible, et que sans production tournante, sans perspectives extérieures, sans projet culturel, l'antenne ne retrouvera jamais sa fraîcheur, son originalité, sa diversité qui accrochait l'auditeur en quête d'explorations à la fois pointues et variées. Quant à Guillaume Erner, a-t-il conscience de passer à côté de son sujet ? L'entretien est-il réussi à ses yeux ? France Culture n'a pas de matinale, mais juste une émission politique avec des yeux plus gros que le ventre. Quant à espérer le retour d'une exigence culturelle pour cette tranche...

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Erner, c'est fait - le Sam 06 Oct 2018, 12:00

Yann Sancatorze(http://regardfc.forumn.org/t19p650-les-matins-de-france-culture#31399) a écrit:Ecouter les matins, c'est se désoler de l'absence de diversité dans les sujets choisis, de la quasi-absence d'invités culturels, et du manque de maîtrise des sujets par leur producteur, qui, en matinalier généraliste, ne fait que ressortir les deux clichés qu'il connait pour chaque sujet qui se présente.
C'est pourquoi je n'ai aucune difficulté à faire mes adieux à la matinale, je ne l'écoute jamais. N'empêche, s'intéresser à l'un des membres du premier cercle de FC est utile pour comprendre l'évolution de la station, vu que, selon la Direction, l'"anchorman" du matin affiche l'identité de la chaîne.
Ajoutons à cela l'obsession du personnel politique : qui critique qui, telle polémique est-elle justifiée, de quoi telle petite phrase est-elle le nom etc.
Du commentaire à la petite semaine (type brèves du Canard Enchaîné) énoncé sur un ton de pape.
Aujourd'hui, Guillaume Erner recevait Anne Hidalgo, la maire de Paris. En termes plus simples : Guillaume Erner avait dans son studio la maire de Paris. Quelle occasion ! Des centaines de questions viennent à l'esprit. Comment G. Erner a-t-il pu passer totalement à côté de son sujet ?
G. Erner est un Parisien médiatique qui cherche une voie de sortie de FC ou une activité parallèle. Il ne va pas fâcher son réseau local ! Voit-on beaucoup de courage à France Culture ? Non. Au contraire, de la complaisance. Sauf avec l'exécutif national, cible quotidienne de railleries et d'attaques politiques sous couvert d'information. Sans danger aucun vu les garanties offertes par le CSA, lequel s'occupe des humoristes à France Inter, de la télé publique, mais jamais de l'adéquation des contenus de FC avec les missions qui lui incombent.
- Aucune question précise pour ouvrir l'entretien, et A.H. peut donc dérouler sans problème de longues banalités sur le rôle du maire, sur son engagement quotidien, bref, la parole anesthésiante et vide de sens que tout politique apprend à maîtriser pour remplir de l'espace et du temps. Développements sur les villes-mondes etc. etc. etc.
Rappelle la complaisance de Louise Tourret avec l'ex-mnistre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem  sous F. Hollande, invitée à FC et systématiquement louée pour ses initiatives.
(...)- Une question idiote sans but apparent : "vous êtes née à Cadix ? Souhaiteriez-vous vous présenter là-bas comme Manuel Valls à Barcelone hin hin hin?" (rire con). Le but de cette question : l'inciter à débiner Valls, pour avoir une petite phrase.
France Culture se veut une sorte de BFM ou d'Europe 1, elle cherche à faire "le buzz". Quand on pense comment un des journalistes de la Rédaction sur le départ, passé à BFM, a été fêté à l'antenne, vidéo à l'appui ...
- Un peu de "Sauvez la planète" (thématique obligatoire) (...) - Conclusion avec l'éloge par la principale intéressée de son action politique (Paris sans voiture, logements sociaux, inégalités).
La radio s'appelle France Culture, il devait bien y avoir une discussion sur la culture ou bien non ?
Aucune question qui fâche, aucun dossier difficile n'a été abordé. Aucune espèce de mention de mécontentement.
Comme les publicités sur les échafaudages des grands monuments en cours de rénovation ?
Mais le pire est que, pour la matinale de France Culture, à aucun moment la politique culturelle et patrimoniale de l'actuelle mandature n'a été évoquée. Rien, pas un mot. Les sujets et les urgences ne manquent pas, surtout si on est un lecteur régulier de la Tribune de l'art. Comment peut-on rater autant d'occasions ? Et passer à côté des sujets propres à une station comme France Culture ?
Parce que la direction a décidé que les sujets propres étaient la sexualité, le féminisme, l'apocalypse, le victimisme, la politique politicienne, et j'en passe.
La direction ne semble toujours pas comprendre le fait qu'une matinale par un seul matinalier pour des sujets divers est un pari impossible, et que sans production tournante, sans perspectives extérieures, sans projet culturel, l'antenne ne retrouvera jamais sa fraîcheur, son originalité, sa diversité qui accrochait l'auditeur en quête d'explorations à la fois pointues et variées.
Merci pour ces remarques. La fraîcheur ? C'est sûr qu'on ne sait pas où la trouver. On est sur radio rance et trans (-genre, -humanisme, -classe etc), mais certainement pas transcendante. Pourquoi, malgré l'emploi régulier de jeunes femmes, on a l'impression que cette antenne radote ? Qu'elle n'a pas d'esprit d'ouverture ? D'enthousiasme pour les aventures de l'esprit ?

Oui, il y a un phénomène très visible d'usure des employés de micro quotidiens à FC. Les meilleures émissions de FC et de France Musique ? Souvent (ce n'est pas une règle) celles produites une fois par semaine.
Quant à Guillaume Erner, a-t-il conscience de passer à côté de son sujet ? L'entretien est-il réussi à ses yeux ? France Culture n'a pas de matinale, mais juste une émission politique avec des yeux plus gros que le ventre. Quant à espérer le retour d'une exigence culturelle pour cette tranche...
Guillaume Erner et la Direction dont il est très proche (voir ses interventions avec Sandrine Treiner dans les débats féministes) ont comme priorité de faire de l'audience et de concurrencer les radios commerciales.

Et incidemment de lutter contre tout projet de réforme de l'audiovisuel qui interrogerait la pertinence de leur production radiophonique en regard de la mission définie par le cahier des charges de la station.

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F. Delorme en pleine forme - le Lun 05 Nov 2018, 18:03

Florian Delorme était en pleine forme ce matin dans "La question du jour". Bel entretien plein de sous-entendus, mais on est dans l'entre-soi. Il est donc inutile de préciser vulgarement ce qui est évident dans un univers néo ou ultra-libéral, qui fait financer la recherche médicale par l'argent public, et distribuer les bénéfices en Suisse.

Après une introduction pour présenter une nouveauté médicale, Florian Delorme pose à son invité une question dont la réponse est évidente, mais il la complète par la bonne réponse, pour le cas où l'invité n'aurait pas compris : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16362-05.11.2018-ITEMA_21881856-0.mp3" debut="04:49" fin="04:59"]. L'invité, médecin, estime malgré tout que c'est "une excellente question", comme il se doit.

Un peu plus tard, Floran Delorme s'interroge sur les raisons pour lesquelles le "chercheur" qui a mis au point cette découverte s'est expatrié en Suisse. L'invité estime qu'il y a là peut-être des "raisons personnelles" (préférence pour le chocolat suisse ? fiscalité ?...), mais ce n'est pas la bonne réponse et Florian Delorme le recadre : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16362-05.11.2018-ITEMA_21881856-0.mp3" debut="05:12" fin="05:19"]. On ne saura donc jamais si la motivation est gourmande ou simplement l'appât du gain libéral.

L'invité poursuit donc sa réflexion, et F Delorme l'encourage : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16362-05.11.2018-ITEMA_21881856-0.mp3" debut="05:26" fin="05:33"] il faut "impliquer beaucoup plus le chercheur" dans ce transfert de technologie, sur tous les plans. C'est la bonne réponse, Delorme a dit OUI. Sur tous les plans, qu'est-ce à dire ? se pourrait-il que ce soit l'argent ? on ne saura pas : "c'est compliqué", admirable pudeur.

Delorme continue en réfléchissant à voix haute, il ne se donne même plus la peine de poser les questions et fournit directement les réponses : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16362-05.11.2018-ITEMA_21881856-0.mp3" debut="05:50" fin="06:00"] : la démocratisation de la technique passe par le truchement d'acteurs privés, on ne peut pas faire sans, et l'invité, dompté, approuve comme il se doit.

Et tout cela se termine par cette perle : [son mp3="http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/16362-05.11.2018-ITEMA_21881856-0.mp3" debut="06:04" fin="06:16"] les chercheurs vont "bénéficier" de ces développements technologiques, c'est très motivant.

Nous sommes bien dans le système libéral, de la médecine libérale : ce sont les chercheurs qui bénéficient du résultat de leurs recherches. Sous quelles formes ? on ne le saura pas mais UBS a-t-elle cependant quelques idées là-dessus ?

En tout cas ce sera la Sécurité sociale, bien française, qui paiera, et Delorme a pris soin d'encourager la demande impatiente (et malheureusement naturelle) des patients en interrogeant : quand cette invention sera-t-elle disponible ? histoire de mettre la pression sur la "sécu".

A aucun moment, on aura parlé d'argent ni de financement. Du grand journalisme.

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Avoir de telles oeillères, ce n'est pas Dieu possible ! - le Lun 05 Nov 2018, 19:49

M. L. ci-dessus pense apparemment qu'un chercheur (h/f) faisant des études ou des recherches dans son pays devrait se voir interdire de travailler ailleurs. Il faudra revoir la définition de la liberté, M. L.  

M. L. n'a visiblement jamais fréquenté de jeunes chercheurs formés dans leurs pays et qui s'expatrient pour travailler dans de meilleures conditions. Cela se fait partout. Peut-être faudrait-il leur demander de rembourser leurs études ? À ce compte-là, toute personne éduquée sur les deniers publics ne devrait que travailler pour une entreprise de son pays ? Ça me rappelle un système qui s'est écroulé en 1989...

Toute la rhétorique idéologique ci-dessus est nulle et non avenue et les affirmations "gnagna ultra-libéral" par-ci, "blabla néo-libéral" par-là,  sont de pures phrases parfaitement déconnectées du réel. M. L.,  faites un tour par les organismes européens qui contrôlent les médicaments ou aident de jeunes chercheurs universitaires et vous ne reviendrez pas faire vos leçons de morale à deux balles.

Je suggère d'étudier ce que font par exemple  La Fondation Européenne de la Science ou  La Direction européenne du médicament ou encore L'Agence européenne des médicaments (EMA) et de là de s'intéresser à la recherche médicale et  pharmaceutique : qui y travaille (d'extraordinaires chercheurs dans des équipes internationales), pourquoi, quel est le statut des employés et leur rémunération. La mobilité des chercheurs n'a jamais été aussi grande et aussi incitative à l'innovation.

À propos du sujet précisément traité, voir cet article précurseur de 2014 Un nouvel espoir pour faire remarcher les paralysés  et les derniers développements de 2018 Nouveaux espoirs dans la lutte contre la paralysie.

Pour ceux qui s'intéressent à l'expérimentation animale (les Chinois sont si complaisants, comme on le remarque dans cet article au contraire de l'Europe dont la législation n'autorise pas ces travaux sur les primates) : Des singes paralysés remarchent, grâce aux neuro-implants de l’EPFL Publié le mercredi 9 novembre 2016.

***********

Rappel "L'ensemble des contributions hebdomadaires au forum France Culture" : Semaine 44, du lundi 29 10 au dimanche 04 11 2018



Dernière édition par Philaunet le Lun 05 Nov 2018, 21:47, édité 1 fois

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masterkey 

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Hausse des taxes du diesel, encore - le Mar 06 Nov 2018, 09:30

Quelle tristesse que France Culture se fasse inlassablement l'interprète, toutes trompettes dehors, de la grogne contre la hausse du prix du diesel dans cette indigne émission que sont les Matins !

A quand un bref rappel des dégats causés par ce carburant ? Parmi les programmes des candidats à l'élection présidentielle 2017, il est amusant de constater que FC claironne le matin celui de Mme Le Pen !

https://www.lemonde.fr/programmes/energie-1/le-diesel

Marine Le Pen

La candidate ne formule pas de proposition sur le diesel mais à l’occasion du débat entre les cinq principaux candidats sur TF1, elle s’est opposée à toute augmentation de la fiscalité du diesel qui aurait, selon elle, un impact très négatif sur les "familles modestes" qu’on a "incité à acheter du diesel".

TF1, 20 mars 2017

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Rencontre avec Steven Pinker - le Jeu 08 Nov 2018, 11:22

Quelqu'un a-t-il écouté cette matinale et souhaiterait en donner un bref compte-rendu ? L'Invité des Matins Rencontre avec Steven Pinker. Serais curieux de connaître le ton de Guillaume Erner...

NB. La transcription des propos de l'invité sur la page du site n'est pas exempte de fautes de français.  

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masterkey 

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Re: Les Matins de France Culture - le Jeu 08 Nov 2018, 23:39

J'ai écouté l'émission d'une oreille. Une belle idée que d'inviter une pointure des sciences cognitives telles que Steven Pinker. Il était là à l'occasion de la sortie de son livre "Le triomphe des Lumières", qui entend porter un regard rationnel sur l'évolution du monde et, mettant en lumière un certain nombre de faits chiffrés ou lis en lumière, défendre un point de vue relativement optimiste sur le cheminement de l'humanité.

Dans une des fabriques radio les mieux rodées et surtout les plus irréfléchies de l'anxiété ambiante, ça dissonne franchement. Guillaume Erner n'a pas vraiment osé la ramener et a joué sa partition moderato, ce qui a permis à l'invité de dérouler un certain nombre de ses thèses tranquillement.

On peut froncer le sourcil devant certaines considérations de Steven Pinker, comme celle tablant sur le fait que les discours populistes seraient surtout prisés dans les milieux ruraux, peu cultivés et pauvres, pour considérer que, le monde ayant plutôt tendance à sortir de la pauvreté (extrême), de l'analphabétisme et à s'urbaniser, l'avenir serait aux dirigeants responsables. C'est aller un peu vite en diagnostic à mon avis, mais n'ayant pas lu le livre, je peux imaginer que la thèse y est moins grossière.

En revanche, quand Steven Pinker explique que le goût du monde journalistique pour l'anxiété, pour la mauvaise nouvelle et pour les plus sombres aspects du monde, eh bien que tout cela est performatif et instille dans les esprits une vision publique déformée du monde, ne prenant quasiment jamais en compte les aspects positifs des entreprises humaines, et bien je ne peux que me réjouir qu'un tel propos soit tenu de si haut au créateur du podcast tellement indigne d'une radio culturelle qu'est "Superfail" !

Guillaume Erner a lancé S. Pinker sur plusieurs sujets : les intérêts des sciences cognitives pour l'école, ce qui objectivement va mal dans les sociétés modernes, tous sujets sur lesquels l'invité a apporté des réponses mesurées mais sûres de leur fait quant à l'intérêt qu'il y a à les considérer avec une certaine confiance dans les ressources de la raison.

Pour on ne sait quelle raison, G. Erner a tenu à caser un de ses héros du moment, cette bulle médiatique qu'est Yuval Noah Harari ; S. Pinker n'a pas même relevé la chose. Enfin, le producteur s'est empêtré en deuxième partie d'émission sur une opposition parfaitement artificielle qu'il a voulu dresser entre l'approche cognitiviste développée par S. Pinker de l'esprit humain, qu'il a caractérisé comme cherchant ce qu'il y a de commun dans l'humanité, avec ce qui serait selon G. Erner l'approche anthropologique, et donc le courant de pensée de Claude lévi-Strauss (eh oui, pour G. Erner, l'anthropologie c'est Lévi-Strauss) qui d'après lui s'intéresserait avant tout à ce qui est divers dans l'humanité ! Ah bon ? La caractéristique des structures, ce n'est pas, justement, d'identifier des invariants dans l'espèce humaine, tout au contraire ?
S. Pinker a pu remettre un peu d'ordre dans ce fatras d'idée en quelques phrases et au final, on ne regrettera pas d'avoir eu cette émission plutôt qu'un énième commentaire socio-politique tels que ceux qu'on nous sert en général tôt le matin. Ce n'était pas d'une grande consistance mais c'était agréable, pas de fine bouche par temps de vaches maigres (aux horaires de grande écoute).

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Ne pas confondre ''classe de transe'' et ''transclasses'' - le Jeu 22 Nov 2018, 10:22

munstead(http://regardfc.forumn.org/t94p800-les-journaux-et-la-redaction-de-fc#31734) a écrit: (...) Auparavant Erner a reçu Nicolas Mathieu, le nouveau Goncourt, et Jérôme Ferrari, un ancien. Il n'est pas donné à tout le monde de savoir interroger un écrivain, et deux encore moins. Nicolas Mathieu est encore naturel et intéresse, Ferrari, qui court les rencontres connaît déjà mieux les règles. Erner pas du tout, qui s'est lancé dans cet exercice périlleux au risque d'une élocution ralentie, comme si ses mots passaient par un tamis avant de sortir de sa  bouche. Pénible à entendre. Mais on comprend vite la raison de l'invitation aux deux Goncourt: Erner y a trouvé toute l'illustration de ses certitudes bourdieusiennes. La société est comme ça et pas autrement. On ne sort jamais de la place qu'elle vous a assigné. Sauf qu'il y a ce qu'il jette élégamment à Mathieu: "Vous êtes un transclasse, hein". Après les transgenres, voici donc les transclasses. Je me croyais bien au chaud dans ma petite position sociale acquise après quelques efforts, voire des sacrifices… Et bien non, je ne suis qu'un transclasse, bientôt je serai sans doute considéré comme un déviant, voire un traître. Et cela fait trois générations de ma famille qui sont des transclasses. Transclasses de pères et mères  en fils et filles. Non rattrapable. (Pardon pour ces considérations personnelles, mais ma nouvelle étiquette me gêne un peu, je ne fais plus partie de la classification bourdieusienne, je suis un trans. Vais-je m'en remettre? Dois-je avoir honte?). Au fait, Nicolas Mathieu répond assez bien, de même aux questions niaises d'Erner sur son style, sa langue, qui montrent à quel point il ne sait pas ce qu'est la littérature, simple outil d'intervention sociale pour lui.
À propos des transclasses... FC et les trans (cocher l'intrus : humanistes, sexuels, classes, missions) - le Jeu 20 Sep 2018.

Sinon, dans un très beau numéro de Personnages en personne par Charles Dantzig Gavroche ou le Vrai fils de Napoléon (04 11 2018), après Charles Dantzig, c'est Henri Scepi* qui parle de filiation et de déterminisme (audible micro-coupure au montage dans l'extrait) : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18722-04.11.2018-ITEMA_21880570-2.mp3" debut="05:58" fin="07:20"]

De Nicolas Mathieu, sur la page cette citation assez parlante de son projet : "Annie Ernaux a été déterminante pour moi. Ses livres m'ont permis d'analyser des ressorts, des hontes, qui ont été déterminantes dans ma vie. Elle m'a aussi permis de voir qu'on pouvait bricoler quelque chose à la frontière entre la littérature et les sciences sociales".  Monsieur bricolage...

Sinon, après le vocabulaire d'hier soir (cf. Richeux), voici le matin (ça fait du bien d'écouter/lire la station culturelle le jour...) : "La violence sociale se traduit par une autre violence : quand elle est exacerbée, que les gens ne trouvent plus les mots, elle se transforme en brutalité." Et tout le reste du même tonneau.

Quant à l'illustration, je suggère à FC de changer d'iconographe et de résilier son abonnement à l'entreprise "capitalisse" Getty, parce que chaque photo insérée dans une page d'émission est à côté de la plaque.

*Henri Scepi, professeur de littérature française du 19e siècle à la Sorbonne nouvelle. Il dirige le Centre de recherche sur les poétiques du 19e (CRP19)

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Un reflet sonore de la Direction de France Culture - le Jeu 22 Nov 2018, 12:27

munstead(http://regardfc.forumn.org/t94p800-les-journaux-et-la-redaction-de-fc#31734) a écrit:Sandrine Treiner une nouvelle fois à l'antenne vers 8 h 45. Elle y prend goût. La directrice de FC est présentée comme "Sandrine", pas de titre, rien, tout le monde étant censé connaître ses hautes fonctions  que son discours mal structuré, ses répétitions des questions reçues, sa voix mal placée arrivent d'ailleurs à bien cacher. Pourquoi est-elle là? Pour vendre la revue Papier dont elle annonce le prochain numéro qui sort tout juste en détaillant le sommaire du précédent (article sur les chats…), et claironner une fois de plus un vague après-midi de dialogue avec les écrivains, des émissions "pour la première fois en direct" (quelle audace, quelle nouveauté!) et enfin, la présence de Jérôme Ferrari en juin prochain(!) dans on ne sait trop quel mélange de master class (abus de langage de FC qui ne sait pas ce qu'est une master class) et d'échanges (bien sûr). Bref de la petite démagogie à bas bruit , du racolage commercial, des annonces qu'aurait pu faire une Duthu avec plus de clarté. (...)
Un monologue improvisé, riche en bredouillis, en hésitations, répétitions, déglutitions, bref une représentation désolante de la direction de la radio culturelle, mais très en phase avec le public que Sandrine Treiner cherche à attirer par mimétisme : des adolescents d'Île-de-france qui ont dû mal à aligner deux phrases logiques sans "euh".     [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/10075-22.11.2018-ITEMA_21899233-1.mp3" debut="102:23" fin="106:09"]

Les Matins par Guillaume Erner le 22 11 2018.

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Re: Les Matins de France Culture - le Jeu 22 Nov 2018, 20:44

@Philaunet a écrit:Un monologue improvisé, riche en bredouillis, en hésitations

Guillaume Erner l'a présentée en studio avec une petite "blague", du style "vous allez nous parler de chiffres aujourd'hui ?", en référence aux très-saints chiffres d'audience qui doivent sans doute remplir d'une atmosphère d'allégresse et d'un sentiment de mission accomplie les couloirs de la station. L'audience est le seul baromètre qualitatif de la direction, et ces chiffres lui permettent de faire le tour des médias qui l'interrogent et de déclarer que "c'est une victoire pour les savoirs et la connaissance".  Ce sont des auto-félicitations qui sont particulièrement douloureuses pour les auditeurs fidèles de la station, surtout par leur insincérité autosatisfaite. Non, ce n'est pas une victoire des savoirs et de la connaissance. Les savoirs et la connaissances sont quasiment absents du programme de jour. La matinale de France Culture, le programme phare de la station, n'est pas une matinale culturelle. C'est une imposture assez injurieuse que de se féliciter ainsi. C'est une victoire assez cynique : c'est celle du traitement permanent de l'actualité avec les mots intellos du sociologue engagé. C'est tout simplement de la captation d'auditeurs déçus (ceux de France Inter et d'Europe 1), par un système de vases communicants. Combien d'auditeurs de France Inter ont découvert France Culture parce que la pub les fait fuir? On ne peut identifier aucun projet culturel produit par cette direction. C'est de la tactique médiatique sans souffle, sans stratégie, sans curiosité ni vision.

Case in point, lorsque la matinale s'essaie à des sujets "culturels" (parce qu'il le faut bien de temps en temps), c'est désastreux et en dessous de tout. Et surtout, comme Guillaume Erner n'est jamais très à l'aise quand on parle de culture (il préfère récupérer un sujet d'actualité et le classer dans ses catégories mentales : gauche, droite, libéral, progressiste, c'est son modus operandi), il se débrouille toujours pour faire dévier la conversation vers les causes et polémiques du moment. La semaine dernière, Ariane Ascaride et Didier Besace étaient invités : paf, on parle de féminisme et de logement social à Marseille. Aujourd'hui, c'était Nicolas Mathieu, et en effet, c'était de la recension de lutte sociale identitaire déguisée en discussion littéraire. La boucle est bouclée, le petit club de titulaires fonctionne en circuit fermé, les chiffres d'audience entretiennent le sentiment d'autosatisfaction, et ils n'ont donc même pas idée de la diversité des sujets qui pourraient alimenter leurs émissions. Ce n'est pas qu'ils ne veulent plus (ça c'était juste après 1999), c'est qu'ils ne savent même plus. On ne parvient même plus à savoir qui s'aligne sur le paradigme maison par instinct de survie (pour ne pas être débarqué) ou par enthousiasme (pour prouver qu'on est un bon petit soldat). La Fabrique, ces derniers temps, accumule les sujets "paradigmatiques" : dominations, spoliations, violences etc.

On croit toujours que la station atteint des records en terme de ressassement, de manque d'imagination et d'engagement militant, et puis l'année suivante, on s'aperçoit que le fond n'avait pas encore été touché. Il y a toujours quelque tranche horaire, par-ci par-là, qui n'a pas encore été alignée sur le reste.

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Le manque de temps et la fatigue de Guillaume Erner - le Sam 24 Nov 2018, 11:58

À propos de la matinale du 23 novembre A qui appartient la culture ?
Yann Sancatorze(http://regardfc.forumn.org/t94p810-les-journaux-et-la-redaction-de-fc#31758) a écrit: (...) Ce matin, Guillaume Erner aurait gagné à consulter quelques sites spécialisés où déjà, des critiques justifiées du rapport étaient mises en lignes. On citera celle de la Tribune de l'Art : Rapport sur les restitutions : rendons tout, Dieu reconnaîtra les siens. (...)

D'ailleurs, quelques minutes avant cet entretien, le journal de 8h sur Radio 4 terminait en parlant de ce même rapport. Quelques phrases, et surtout la dernière : "but some critics see in it an oversimplification of complex situations" (citation de mémoire). Une courte phrase, et un sujet de débat qui n'aura même pas été illustré pendant la trop longue matinale de Guillaume Erner consacrée à ce sujet. Plutôt que de rentrer dans les détails techniques, on a préféré le registre de l'épanchement émotionnel et les références aux films de super héros (Black Panther). Encore un matin... pour rien.
Pas exactement, car le but de la matinale n'est pas d'éclairer ou d'instruire, mais de distraire, de dissiper la solitude de certains avec un bruit de fond, d'occuper le temps dans les embouteillages (le précédent directeur "Poivre" l'a dit, la majorité des auditeurs du matin écoute la radio en voiture), de conforter les gens dans leurs convictions (comme certains n'achètent que L'Hunanité, par exemple), etc. Dans ce cadre, la mission est remplie chaque matin.

Demander à Erner de lire le texte de grande qualité de Didier Rykner de La Tribune de l'art suppose qu'on lui prête le temps de le faire. Or, ce n'est pas possible. Il est inenvisageable pour un matinalier quotidien (lever aux alentours de 3h30-4h ?) d'approfondir un sujet et d'y réfléchir chaque jour. Qui ne voit pas que les sujets sont choisis selon l'actualité la plus brûlante, donc la veille, et certainement dans l'improvisation et le stress.

La volonté d'avoir le même employé tous les matins pendant des années est une grosse erreur pour ce qui est de la qualité. Après quelque temps, on voit la dégradation de l'exercice. On l'a vu pour Lebrun (en À voix nue en ce moment à suivre), pour Voinchet et maintenant pour Erner. Il faudrait appliquer la nouvelle recette des Matières à penser, à savoir un producteur tournant pendant une semaine, ou bien un jour par semaine. Problème pour la direction : le petit cercle de fidèles obéissants et reconnaissants se disloquerait et un producteur tournant n'appellerait pas si facilement  la directrice, "Sandrine", en ricanant...

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