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Les Matins de France Culture    Page 68 sur 72

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Le manque de temps et la fatigue de Guillaume Erner - le Sam 24 Nov 2018, 11:58

À propos de la matinale du 23 novembre A qui appartient la culture ?
Yann Sancatorze(http://regardfc.forumn.org/t94p810-les-journaux-et-la-redaction-de-fc#31758) a écrit: (...) Ce matin, Guillaume Erner aurait gagné à consulter quelques sites spécialisés où déjà, des critiques justifiées du rapport étaient mises en lignes. On citera celle de la Tribune de l'Art : Rapport sur les restitutions : rendons tout, Dieu reconnaîtra les siens. (...)

D'ailleurs, quelques minutes avant cet entretien, le journal de 8h sur Radio 4 terminait en parlant de ce même rapport. Quelques phrases, et surtout la dernière : "but some critics see in it an oversimplification of complex situations" (citation de mémoire). Une courte phrase, et un sujet de débat qui n'aura même pas été illustré pendant la trop longue matinale de Guillaume Erner consacrée à ce sujet. Plutôt que de rentrer dans les détails techniques, on a préféré le registre de l'épanchement émotionnel et les références aux films de super héros (Black Panther). Encore un matin... pour rien.
Pas exactement, car le but de la matinale n'est pas d'éclairer ou d'instruire, mais de distraire, de dissiper la solitude de certains avec un bruit de fond, d'occuper le temps dans les embouteillages (le précédent directeur "Poivre" l'a dit, la majorité des auditeurs du matin écoute la radio en voiture), de conforter les gens dans leurs convictions (comme certains n'achètent que L'Hunanité, par exemple), etc. Dans ce cadre, la mission est remplie chaque matin.

Demander à Erner de lire le texte de grande qualité de Didier Rykner de La Tribune de l'art suppose qu'on lui prête le temps de le faire. Or, ce n'est pas possible. Il est inenvisageable pour un matinalier quotidien (lever aux alentours de 3h30-4h ?) d'approfondir un sujet et d'y réfléchir chaque jour. Qui ne voit pas que les sujets sont choisis selon l'actualité la plus brûlante, donc la veille, et certainement dans l'improvisation et le stress.

La volonté d'avoir le même employé tous les matins pendant des années est une grosse erreur pour ce qui est de la qualité. Après quelque temps, on voit la dégradation de l'exercice. On l'a vu pour Lebrun (en À voix nue en ce moment à suivre), pour Voinchet et maintenant pour Erner. Il faudrait appliquer la nouvelle recette des Matières à penser, à savoir un producteur tournant pendant une semaine, ou bien un jour par semaine. Problème pour la direction : le petit cercle de fidèles obéissants et reconnaissants se disloquerait et un producteur tournant n'appellerait pas si facilement  la directrice, "Sandrine", en ricanant...

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Re: Les Matins de France Culture - le Mar 27 Nov 2018, 10:28

Yann Sancatorze(http://regardfc.forumn.org/t19p660-les-matins-de-france-culture#31747) a écrit:[ (...) L'audience est le seul baromètre qualitatif de la direction, et ces chiffres lui permettent de faire le tour des médias qui l'interrogent et de déclarer que "c'est une victoire pour les savoirs et la connaissance".  Ce sont des auto-félicitations qui sont particulièrement douloureuses pour les auditeurs fidèles de la station, surtout par leur insincérité autosatisfaite. Non, ce n'est pas une victoire des savoirs et de la connaissance. Les savoirs et la connaissances sont quasiment absents du programme de jour. La matinale de France Culture, le programme phare de la station, n'est pas une matinale culturelle. C'est une imposture assez injurieuse que de se féliciter ainsi. C'est une victoire assez cynique : c'est celle du traitement permanent de l'actualité avec les mots intellos du sociologue engagé.
Voir ce matin Ukraine, Russie : va-t-on vers une nouvelle escalade militaire ?*, un sujet qui serait à sa place dans Les Enjeux internationaux ou dans Affaires étrangères. Mais comme il est question de guerre, une des grandes passions de FC l'apocalyptique pour attirer les inquiets, il faut labourer, labourer et labourer (entendez-vous mugir ces féroces soldats).  
C'est tout simplement de la captation d'auditeurs déçus (ceux de France Inter et d'Europe 1), par un système de vases communicants. Combien d'auditeurs de France Inter ont découvert France Culture parce que la pub les fait fuir? On ne peut identifier aucun projet culturel produit par cette direction. C'est de la tactique médiatique sans souffle, sans stratégie, sans curiosité ni vision.
De nombreux auditeurs disent écouter FC pour ne pas être exposés aux publicités. FC aux heures de grande écoute = FInter sans pub. Quel projet, en effet !

Il y a une stratégie et fort visible : faire de cette antenne un média de commentaire socio-politique engagé (d'autres diront moralisant). Il s'agit en effet d'exposer et de promouvoir des "solutions" à des "problèmes" selon une grille de principes moraux considérés comme bons. Il est intéressant de noter que cette radio qui en de nombreux endroits se cabre contre tout universalisme de valeurs se fait le chantre de positions morales qui ne semblent pouvoir souffrir aucune contradiction. Sandrine Treiner s'insurge à demi-mots contre les émissions à vocation confessionnelle du dimanche mais encourage le catéchisme durant toute la semaine. Gênant.
Case in point, lorsque la matinale s'essaie à des sujets "culturels" (parce qu'il le faut bien de temps en temps), c'est désastreux et en dessous de tout. Et surtout, comme Guillaume Erner n'est jamais très à l'aise quand on parle de culture (il préfère récupérer un sujet d'actualité et le classer dans ses catégories mentales : gauche, droite, libéral, progressiste, c'est son modus operandi), il se débrouille toujours pour faire dévier la conversation vers les causes et polémiques du moment.
Je l'ai écrit ailleurs, il n'a pas le temps de préparer quoi que ce soit, et donc lit en vitesse la presse, les résumés faits par des attachés et brode autour.
La semaine dernière, Ariane Ascaride et Didier Besace étaient invités : paf, on parle de féminisme et de logement social à Marseille. Aujourd'hui, c'était Nicolas Mathieu, et en effet, c'était de la recension de lutte sociale identitaire déguisée en discussion littéraire. La boucle est bouclée, le petit club de titulaires fonctionne en circuit fermé, les chiffres d'audience entretiennent le sentiment d'autosatisfaction, et ils n'ont donc même pas idée de la diversité des sujets qui pourraient alimenter leurs émissions.
Pour les plus jeunes, non. Ils n'ont sans doute aucune idée des émissions d'archives diffusées dans les Nuits. Mais les cadres savent très bien ce qu'est une émission de savoir. Ils refusent de promouvoir ce genre et cherchent à réduite la voilure de ce qui existe encore au profit de la table ronde d'opinions sur l'actualité sociale et politique des luttes et des dangers.
Ce n'est pas qu'ils ne veulent plus (ça c'était juste après 1999), c'est qu'ils ne savent même plus. On ne parvient même plus à savoir qui s'aligne sur le paradigme maison par instinct de survie (pour ne pas être débarqué) ou par enthousiasme (pour prouver qu'on est un bon petit soldat). La Fabrique, ces derniers temps, accumule les sujets "paradigmatiques" : dominations, spoliations, violences etc.
Le prix à payer pour conserver son gagne-pain...
On croit toujours que la station atteint des records en terme de ressassement, de manque d'imagination et d'engagement militant, et puis l'année suivante, on s'aperçoit que le fond n'avait pas encore été touché. Il y a toujours quelque tranche horaire, par-ci par-là, qui n'a pas encore été alignée sur le reste.
En cette matière, l'arrivée de Marc Weitzmann le dimanche midi est un signe sans équivoque.

Il ne faut pas non plus désespérer. L'auditeur curieux a à sa disposition, via le podcast, de la matière d'écoute de qualité comme jamais par le passé et no hay mal que dure cien años (on en est à 20, remarquez Smile).

*************
* La Matinale de la radio culturelle le mardi 27 novembre pour mémoire :
Les Matins
Ukraine, Russie : va-t-on vers une nouvelle escalade militaire ?
7H00
13 min
Journal de 7h
Soulagement et excitation à la NASA : la sonde InSight a réussi à se poser sur Mars
7H12
6 min
La Question du jour
Transports de demain : que peut changer la loi mobilités ?
7H24
4 min
Le Reportage de la rédaction
Cancer lié aux prothèses mammaires (LAGC) : l’inertie des autorités sanitaires
7H35
6 min
Revue de presse internationale
Confrontation entre Russie et Ukraine : le moment choisi
7H40
44 min
L'Invité des Matins
Ukraine, Russie : va-t-on vers une nouvelle escalade militaire ?
8H00
16 min
Journal de 8 h
Les gilets jaunes vont-ils éclipser des annonces majeures sur la politique énergétique en France ?
8H16
3 min
Le Billet politique
Emmanuel Macron, les deux pieds sur le frein
8H19
44 min
L'Invité des Matins
Ukraine, Russie : va-t-on vers une nouvelle escalade militaire ?
8H45
4 min
Le Billet culturel
Bertolucci cinéaste des luttes intérieures
8H50
3 min
La Conclusion
Les villes-mondes

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673
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Re: Les Matins de France Culture - le Lun 03 Déc 2018, 16:21

Un grand classique du site FC : une introduction engagée politiquement et des citations de l'invité sans aucune contextualisation qui en font des slogans de propagande.

Ainsi L'Invité des Matins Emmanuel Todd, le 03/12/2018, voit-il ses propos reproduits sur la page de l'émission comme des paroles d'Évangile. Les rebelles à la petite semaine de FC boivent du petit lait : en matière d'endoctrinement des auditeurs, toute latitude leur est offerte, et ce, en violation du régime de neutralité politique qu'impose le service public.

C'est ce que FC appelle "décrypter". La Novlangue se porte bien dans les studios de la station.

************

Rappel : L'ensemble des contributions hebdomadaires au forum ''France Culture'' Semaine 48, du lundi 26 11 au dimanche 02 12 2018


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674
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''Le bruit sourd de la connerie humaine'' dixit N. - le Ven 07 Déc 2018, 08:40

Heureusement que Nessie, animateur de ce forum durant huit ans, n'écoute plus France Culture, lui qui a longtemps dénoncé les préconisations du "groupe de réflexion Terra Nova" comme la base idéologique de France Culture : Mondialisation et inégalités : le cas français 06/12/2018. "Pour faire un état des lieux sur [sic] les inégalités en France, nous recevons le directeur général du groupe de réflexion Terra Nova,Thierry Pech".

Le 15 Avr 2017 :
Nessie(http://regardfc.forumn.org/t43p70-ce-forum-et-les-responsables-de-france-culture#28228) a écrit:
Fontaine(http://regardfc.forumn.org/t43p60-ce-forum-et-les-responsables-de-france-culture#28145) a écrit:Participer à ce forum donne parfois le sentiment de pisser dans un Stradivarius, aucun répondant, électroencéphalogramme plat.
Que se passe-t-il vous avez la trouille du résultat des élections ou bien considérez-vous que l'Inculturelle Station est tombée aux abîmes ?
Ta dernière hypothèse est la bonne : globalement cette radio me dégoûte. Le mot n'est pas trop fort. A chaque nouvelle tentative d'écoute je vois se répéter invariablement le même scénario : avant la fin de la première minute le surgissement de l'un ou l'autre thème obligé, puisé au catalogue de la maison, me rappelle qu'après maintenant presque 20 ans d'un acharné travail de mise aux normes idéologiques la version radiophonique d'un condensé de L'obs, de Libé et de Téléramages est au point. L'inévitable mention des mots-clés du chic idéologique, la non moins inévitable sur-présence des mêmes quinze ou vingt sociologues bourdieusiens et politologues de Terra Nova, montrent comme la radio culturelle achève sa mue en agence  dévolue à la com' d'un parti par ailleurs moribond, quelle ironie !

Je pourrais y ajouter la terrifiante niaiserie dont témoignent ces voix jeunes, le sentiment d'imposture médiatique qui se dégage de l'animation des plus énergiques parmi les militants qui jouent aux journalistes (sans posséder le métier beaucoup plus que les journalistes politiques de la télé, c'est à dire pas du tout). J'y ajouterai encore un effet pervers redoublé : à force de snober France Ex-Culture, quand il me revient le souvenir ou l'envie de chercher un peu de radio supportable dans les rares créneaux qui ne sont pas encore complètement pourris par la niaiserie jeuniste et l'enthousiaste participation au paradigme maison, j'ai vite fait de m'enliser
(...) Le bilan n'est pas médiocre, il est calamiteux. Il est à l'image de cette radio, dans l'état où l'ont mise ses 5 derniers directeurs.
(...)
C'est qu'au niveau où elle se traine maintenant, cette radio, il nous est impossible de parler simplement radio : nos critiques ne sont plus qu'un journal de la bétise. France In-Culture s'est tellement effondré sous le poids de la niaise vanité qui anime ses animateurs, qu'on n'y entend plus la radio mais seulement le bruit sourd de la connerie humaine. (...)
CQFD

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675
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''Faire passer de l'actualité pour de la culture'' - le Ven 07 Déc 2018, 21:32

Yann Sancatorze(http://regardfc.forumn.org/t219p90-le-salon-noir-carbone-14-l-archeo#31814) a écrit:
@Philaunet a écrit:« La Mésopotamie à 14 heures, c’est intéressant mais bon… » Je propose cette phrase comme slogan de cul de bus pour la promotion de France Culture sous Treiner.

Cette phrase est promise à un bel avenir, et déclinable à l'infini sur t-shirts, tote bags, mugs, magnets, avec toutes les variantes possibles : "Le voyeurisme social à 13h30, c'est intéressant mais bon...". (...)
Comme aujourd'hui (hier et demain) ? FC et son micro-trottoir de pleurnicheurs en tous genres.
"Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints
."
Le cas Bellanger est assez révélateur de l'image que la direction de FC entend projeter autour d'elle : "nous avons un vrai écrivain qui fait une chronique quotidienne, quotidienne entendez-vous, à la fin d'une matinale consacrée aux idées ! Félicitez-nous ! Notre vernis culturel est absolument impeccable !" pourrait-on les entendre dire.
Et pour entendre un extrait de ce phare de la lecture qu'est le cas B. c'est dans la pastille ici (protégez vos oreilles !).
La "victoire des savoirs et de la connaissance"  n'est en réalité qu'une transformation de la grille en généraliste intello. La matinale en est l'exemple le plus manifeste, à tel point que la matinale du samedi, de Caroline Broué, reproduit le même modèle, pour le même auditoire restreint, et sans aucune ambition culturelle autre qu'un affichage ponctuel (la fameuse "idée culture").
Hélas !
Pour ce besoin d'image, on fait donc quotidiennement appel au même écrivain pour un texte d'inspiration littéraire. Qui peut rester bon, pertinent, radiophonique, ou simplement intéressant 5 fois par semaine avec un matériau assez simple, qui tourne en boucle ?
Même une seule fois par semaine, ce serait de l'argent gaspillé. Et c'est actuellement du temps d'antenne volé à qui mériterait d'être écouté.
Ce sillon, creusé sans cesse, c'est l'enfance en banlieue (pavillonnaire), les malentendus et perceptions déformés de l'enfance et dissipés plus tard, les observations de la "France périphérique", la petite observation quotidienne qui va donner lieu à une immense tartine sociologico-poétique généralisante et universelle avec un bon mot en forme de coup de coude dans les côtes (au cas où vous n'auriez pas compris ce bon mot), le tout débité à toute vitesse, avec toutes sortes de surcharges rhétoriques et lexicales (le nombre d'adjectifs et d'adverbes à la seconde est étourdissant).
C'est tout simplement très mauvais, indigeste à l'écoute, narcissique et très prétentieux.
C'est cela le projet culturel de Sandrine Treiner : elle peut dire qu'elle fait entendre un écrivain tous les jours dans sa matinale : le même écrivain 5 fois par semaine pour une chronique répétitive et enflée de sa propre importance, certes, mais attention, un écrivain quand même. (...)   pas d'imagination dans le recrutement (pourquoi pas une case de production tournante?), mais elle a coché la case "écrivain".
Il a sans doute "un projet singulier"...
La remarque d'AB dans l'article de Libération n'étonne pas du tout. Si vous êtes directrice de France Culture, virez les anciens et remplacez-les par des jeunes et des nouveaux qui vous doivent tout. Vous pouvez créer un esprit maison, une adhésion parfaite à votre paradigme. Vos causes seront leurs causes. Ils ne le feront pas seulement par obéissance et par instinct de survie (parfois tristement visible chez certains), mais par un authentique et sincère esprit d'émulation. Ils veulent en être, et c'est ce qui ressort de cet article : l'enthousiasme d'un joyeux troupeau qui est satisfait d'en être. On peut même cracher sur le passé de la station, on peut être fier de son incuriosité ("la culture à 14h, c'est intéressant mais bon..."), l'afficher comme une vertu, du moment qu'elle nous garantit l'approbation du groupe.
Le moins qu'on puisse dire, c'est que le recrutement se fait sur une complète adhésion au paradigme politico-social maison (représenté par Kronlund sur le terrain, Boucheron dans les salons de socio branchée et Weitzmann en annonceur de l'apocalypse). On cherche la diversité intellectuelle à FC, ou plutôt l'émission qui s'émancipe d'une mission moralisatrice et salvatrice.
C'est cet esprit maison qui est décidément absent des archives nocturnes. Les archives, ce sont de grandes voix individuelles explorant à fond des sujets sans (toujours) chercher à adhérer à un grand paradigme tracé par la direction. Ce n'est pas une colonie de vacances, c'est une radio culturelle. Il semble que ceci ait disparu. Les jeunes producteurs sont maintenant joyeusement soumis à une direction qui leur donne tout, mais peut tout leur retirer aussi.
C'est pourquoi ils (= elles) se tiennent à carreau et s'empressent de labourer les champs de la lutte sociale que leur indique la directrice (voir la Série Documentaire).
C'est ainsi qu'on peut faire passer de l'actualité pour de la culture, de l'ignorance pour de la connaissance, de la stratégie de captation d'auditeurs pour un véritable projet culturel.

Et pendant ce temps, Aurélien Bellanger et ses mots de quatre syllabes permettent de faire croire que la matinale de Sandrine Treiner est une matinale culturelle. Tout ce petit monde, satisfait d'obéir à sa directrice, est décidément bien obéissant et soumis. Le tout est de le faire avec le sourire, car il faut en être, voyez-vous.

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676
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La culture dans la matinale de France Culture - le Ven 07 Déc 2018, 22:03

Ah non, cette semaine France Culture n'est pas passée à côté de l'évènement musical de l'année :
Le Réveil Culturel par Tewfik Hakem :
Tewfik Hakem s'entretient avec le musicien, Bertrand Burgalat pour la sortie tant attendue du dernier album de Michel Polnareff, Enfin ! (Universal Music France), après presque trois décennies de silence.
Art et création - La billet culturel  par Mathilde Serrell
Polnareff enfin en liberté ?

Mais que fait la police ?

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677
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Sexe & Violence (c'est bon pour l'audimat) - le Mer 19 Déc 2018, 08:51

Doublette parfaite pour Guillaume "sciences popo" Erner : violence sociale + porno Les "gilets jaunes" au pays du porno : la consécration

"Aujourd’hui le site Jacquie et Michel (ça change de Bourdieu) est devenu un groupe incontournable sur le marché du film pornographique, la fiche Wikipédia (source littéraire) qui leur est consacrée les présente même comme – je cite – un « poids lourd » du secteur ce qui fait écho, une fois de plus, à l’imaginaire des ronds-points (jeu de mots)
Désormais une question se pose (passage obligé), le mouvement des gilets jaunes va-t-il essaimer aussi dans la pornographie, (réponse : ) une suite qui me paraîtrait logique puisque les révolutions se font toujours avec des sans culotte." (jeu de mots, re-passage obligé surtout en conclusion)


l'artiste

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678
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Comment ne presque rien dire en 4 minutes, ou : c'est quoi ce barbatruc ? - le Mer 19 Déc 2018, 15:38

Allez, suite du post précédent, mais je ne ferai pas ça tous les jours. Morceaux moisis.

"les Barbapapa, qui s’épanouissent dans une villa vernaculaire, une jolie folie bourgeoise, sont délogés par des engins de destruction. (...)
on découvre à la page suivante — c’est le second temps de la dialectique — que les Barbapapa ont été relogés dans un sinistre clapier à lapins, une barre en béton pleine de téléviseurs
(...) les Barbapapa, devenus dépressifs, s’arrachent à leur prison rectangulaire pour se construire, directement moulé sur le corps rose et souple de leur leader patriarcal, un palais bulle psychédélique.  
(...)le phalanstère s’organise et tous les Barbapapa possèdent maintenant leur chambre individuelle
(...)Un idéal problématique, contre-productif et qui aura finalement trahi toutes ses promesses initiales, quand il s’est tardivement avéré qu’on y votait pour le Front National, qu’on y surconsommait les énergies fossiles et que les lumières qui clignotaient dans la nuit n’étaient plus celles des étoiles mais celles, délétères, des alarmes électroniques.
C’est justement aux agents immobiliers qu’il reviendrait aujourd’hui d’incarner le diable. Le diable, cette figure mythologique et quotidienne que Pialat avait génialement fait jouer à un maquignon, et dont un vendeur de lit, dans un film d’horreur qui se déroulait exclusivement dans un ascenseur, reprenait habilement le rôle : qui ne mettrait pas le prix à l’endroit où il passe la moitié de sa vie ?
Le diable s’habille en Stéphane Plaza* — (...) les agences immobilières s’appellent aujourd’hui Stéphane Plaza.
Comme le disait l’architecte de l’émission, en demandant aux candidats au départ de la semaine de bien vouloir enlever les dessins d’enfants du frigo : “en home staging, on évite tout ce qui est personnel”.
(...) C’était encore plus effrayant que la porte secrète entre les deux appartements de Rosemary’s Baby.
"
                                                                        Barbaurélien Barbellanger,
                                                                                                                le 18 décembre 2018

*J'en ris encore. Tout le paragraphe n'a-t-il pas été écrit dans l'optique de ce trait d'esprit barbamachin ?

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679
Répondre en citant  
Je suis encore tombé dessus par hasard et je n'ai pas pu résister. Désolé. Promis j'arrête. - le Jeu 20 Déc 2018, 22:00

Premier ou second degré ?
Le texte est visiblement écrit pour être lu au second, mais le doute plane. Il va même s'écraser sous peu.
Alors : le vide, le néant ou le rien ?

A lire en écoutant ceci.

"Je hais du fond du cœur tous ceux qui m’ont dit de lire Philippe Vasset, Jean Rollin ou Sylvain Tesson car ils étaient comme moi des « écrivains géographes ».
Je ne pardonne toujours pas à Tristan Garcia d’avoir connu le succès avec son premier roman alors qu’il était plus jeune que moi d’une année et que j’étais encore libraire. Si je tolère, parfois, Eric Reinhardt, c’est parce que nous avons grandi au même endroit et que je sais qu’il était aux Myrtille, la moins jolies des deux écoles du lieu, derrière la ligne à haute tension, alors que la mienne dominait tout le village pavillonnaire depuis sa butte témoin au sol rempli de pointes de flèches préhistoriques (exciting, isn't it ?); et si j’aime bien Leïla Slimani, c’est qu’avant qu’elle ait le prix Goncourt, je l’ai battue au prix de Flore. (Quel sens de la dérision)
J’étais le dernier à parler quand Denisot nous a demandé il y a quelques mois pourquoi nous étions devenus écrivains et j’ai dit que c’était exclusivement pour la gloire, ce qui était la manière la plus polie que j’avais trouvée pour dire la vérité : que c’était pour être le seul de nous tous, assis à cette table de verre d’un studio d’Aubervilliers, dont on se souviendrait encore dans un siècle — animateur et Amélie Nothomb compris. Et je tiens à préciser, à l’attention de la production, que si j’ai bien vu, sur un moniteur, que vous procédiez aux essais lumières avec des poupées gonflables qui portaient nos nom (-s?) sur des post-it collés au front, je ne vous en veux pas (ouf on a eu peur !): je partage largement votre diagnostic sur le problème de la boursouflure de l’ego (ah ah second degré pour masquer qu'on est en réalité au premier !) dans le milieu littéraire.
Je suis d’une jalousie si abominable que si j’avais été hussard, le plus beau jour de ma vie aurait été celui de la mort de Nimier, que si j’avais été Sartre je serais allé fleurir chaque année les escaliers du château de Cocove, où décéda Nizan, et le platane de Villeblevin, où s’encastra Camus. ()
Je suis né, d’ailleurs, 5 jours après la mort de Sartre — c’est le tour aimable que le destin nous a joué pour nous rendre supportables l’un à l’autre.
Je suis ainsi le moins confraternel des écrivains de France mais je ne ressens, pourtant, aucune hostilité envers Edouard Louis. (...)
Je ne vais pas jouer la solidarité de classe, la faillite de la petite PME paternelle m’ayant symboliquement plus rapproché de Dickens (en toute simplicité) que du prolétariat, ni relater à l’inverse un effet coup de main, un uppercut à l’estomac de mon confort bourgeois  — je n’ai de toute façon jamais lu Edouard Louis. (encore de la provoc')
Mais je crois que, comme à peu près tout le monde*, je suis fasciné par ce qu’il représente. (...) Je sais de quoi je parle : mon premier roman m’a conduit tout à droit à Davos, et j’ai laissé paraître, dans un hebdomadaire culturel, les propos les plus délicats et les plus complaisants à l’égard de l’ancien PDG de Total, et du secteur pétrolier en général.
De quoi Edouard Louis est-il le nom (enfin, il l'a casée celle-là), sinon de notre* mauvaise conscience ?"
                                                                                Aurémien Bellanj'ai

* parlez pour vous, monsieur, allez-y jusqu'au bout.
Pour les courageux, le texte intégral. Allez, un Prozac et au lit.

P.S : Pour de la vraie radio, aller ici.

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680
Répondre en citant  
Le meilleur de la matinale du vendredi 21 décembre 2018 - le Ven 21 Déc 2018, 15:04

Règle du jeu :

Ah la la ! Notre stagiaire s'est emmêlé les pinceaux, il a mélangé toutes les meilleures chroniques de la matinale de ce matin, et il s'est rendu compte que finalement, elles étaient mieux ainsi.
Saurez-vous les reconnaître ? Allez, à lire avec ceci en fond sonore.

Nous vivons dans la dernière société primitive au monde, celle qui célèbre des cheveux mi-longs décolorés et des films en coproduction appelés jupons fleuris et autres improbables petits sacs en croco à la main, une société placée sous le signe de ce que Marx appelait Nevermind, car ce qui est amusant, c'est que la misère cachée des villages perdus du Gâtinais n'a pas marqué les esprits, ce n'était pas l'immense no mans land le plus important du festival gay. La rouille mentale est «pleine de subtilités métaphysiques et d'arguties théologiques ». Or, de quoi Pif est-il le nom ? Celui aujourd’hui qui ne comprend pas la différence qu’il y a entre Charles Duchaussois et une tartine grillée, un double vitrage et Trump et ses attaques commerciales, un vers de Paul Valéry ou les quotas de films étrangers du gouvernement chinois, ne comprend pas vraiment le monde qui l’entoure.
Or, il y a toujours eu ce double aspect dans les numéros de Pif : boire des bières et déambuler en talons hauts dans la cour de la ferme. J’avais pour ma part accroché au dessus de ma chambre un poster de grille-pains, scène touchante de la vie quotidienne du plus grand ectoplasme barbu et anthropomorphe dont j’étais secrètement flatté qu’il ait des pratiques si similaires à ces créatures fabuleuses, les ambassadrices de la nature, preuve qu’il existait une véritable et immense collection de locomotives. «Un cul tout nu » s’est classé numéro 2 aux Box Office, juste derrière « Les Choses » de Georges Perec, un livre qui ne parle que de suppléments cadeaux...
Rien ne me plaisait plus enfant que d’enfiler les Trente Glorieuses dans une caravane avec Spiderman qui dealait du shit en lisant les suppléments cadeaux où vous comprenez enfin ce que vivait le transgenre mort entouré d’objets. Mais je suis rétrospectivement fier d’avoir ainsi connu les deux Kurt Cobain, le gentil monstre à la tête de chat et au grand ventre rebondi en bas résille des barbecues, et «Aquaman », nouveau super héros produit par le studio américain Warner qui émet le plus de gaz à effet de serre de la planète.
Désormais, une seule question se pose : "Totoro" est-il le symbole du rapprochement du big bang et des Christs avec ou sans croûte, des Christs à la mie blanche ou avec des céréales ?

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681
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N... ta chronique - le Sam 22 Déc 2018, 10:39

Curly(http://regardfc.forumn.org/t19p670-les-matins-de-france-culture#31953) a écrit:Règle du jeu :

Ah la la ! Notre stagiaire s'est emmêlé les pinceaux, il a mélangé toutes les meilleures chroniques de la matinale de ce matin, et il s'est rendu compte que finalement, elles étaient mieux ainsi.
Saurez-vous les reconnaître ? Allez, à lire avec ceci en fond sonore. (...)
Après Marchand de melons, Je chante pour les cons ? Quel répertoire ! Un régal.

Je crois avoir trouvé (dans la douleur) les trois chroniques (affreuses puissance n+) de la matinale d'hier : Les suppléments cadeaux de Guillaume Erner qui commence ainsi : "Je vais vous faire un aveu, depuis deux semaines, je me consacre exclusivement à la lecture des suppléments cadeaux".

Erner copie son copain Bellanger et cite de nombreuses marques de luxe. Personne n'osera diffamer ces deux-là, j'espère, en leur prêtant des intentions intéressées, comme de bénéficier de cadeaux de fin d'année. Notez qu'il faudra peut-être regarder où le docteur en sociologie (ce titre en bas de page de la matinale est toujours amusant à lire) et l'écrivain (encore plus drôle) vont faire des interventions hors radio. Par exemple, lors de croisières (des savoirs...) discrètement financées par de grandes marques, comme l'ont fait et le font plusieurs de leurs collègues de FC ?

Deuxième chronique, celle de Maître Bellanger Kurt Cobain, figure de Christ américain. La première phrase (c'en est une seule) : "ll y a un débat intéressant autour de la figure de Kurt Cobain. Kurt Cobain, le chanteur de Nirvana est la dernière incarnation à peu près crédible, avec ses cheveux mi-longs décolorés, ses vêtements en guenilles et sa mort à 27 ans, d’un Christ américain, aux côtés d’un intéressant ectoplasme barbu et anthropomorphe retrouvé coincé dans un double vitrage et de cette apparition, plus alléchante, du nazaréen sur une tartine grillée — on trouve depuis dans le commerce, et cette idée suffit en général  à me faire reprendre confiance en l’Amérique, des grilles-pains capables de faire apparaître ainsi autant de Christs qu’on voudra, des Christs avec ou sans croûte, des Christs à la mie blanche ou avec des céréales"

Un débat intéressant, en effet...

Enfin troisième chronique de la recasée de Ping Pong, ex de Radio Nova, dans la case (ça ne s'invente pas) "Art et création", "Totoro" est-il le symbole du rapprochement du Japon et de la Chine ? Extrait (pour caser Paul Valéry, un peu de name-dropping ne nuit pas) : ''Un précipité de l’imaginaire de Miazaki, où ces créatures fabuleuses sont les ambassadrices de la nature, et les garantes du dialogue renoué avec elle. La nature, thème central de l’œuvre de Miazaki, qui alertait déjà sur les crises environnementales il y a 30 ans. Son dernier film, « Le vent se lève », en 2013, nous laissant méditer sur l’ampleur du désastre à venir en reprenant ce vers de Paul Valéry dans le cimetière marin : « Le vent se lève ! Il faut tenter de vivre »''.

"L'ampleur du désastre à venir" : la prophétie de malheur est placée, mais dans la joie et la bonne humeur d'une Matinale pourrie de clichés et de vulgarité (cf. munstead dans Lente descente).



Dernière édition par Philaunet le Sam 22 Déc 2018, 22:49, édité 1 fois

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