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Du silence à la radio    Page 3 sur 3

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Le cri du Patchwork (France Musique) 1/2 - le Sam 20 Mai 2017, 00:10

Faire silence c’est être à l’écoute des autres et de soi. Et le silence en musique, c’est le moment de réactivation de notre écoute. Un coup de fouet muet pour nos oreilles. Et plus le silence est long, plus il devient bruyant. Plus il devient son. Il révèle, il réveille ces sons que l’on ne prend plus le temps d’écouter (…). (1’50'').

Ainsi commence la série de quatre émissions consacrée au silence dans l’émission de Clément Lebrun sur France Musique : Le cri du patchwork (octobre 2014). Une véritable démonstration qui brille par la densité des thèmes proposés, la pertinence des artistes invités, les morceaux donnés à écouter. Vous trouverez ci-dessous les résumés du contenu de chaque émission (un coup d’œil aux descriptifs richement dotés en vidéos et liste des œuvres jouées est vivement recommandé).  

Silence 1/4 : À la limite du son (04 octobre 2014).

Le récit de l’expérience en chambre anéchoïque de John Cage ouvre ce premier numéro : Le silence n’existe pas. Le silence s’impose comme un vacarme dans lequel nous y insérons des sons. Nous y organisons des sons en musique dit Clément Lebrun. La nature du silence est double : les conditions d’apparition de son avènement sont également celles de sa disparition. À peine le croit-on réalisé qu’il se volatilise. La pièce 4’33’’ (1952) constitue la synthèse de cette présence-absence simultanée. Cette évidence posée (le silence n’est pas véritablement du silence ou plutôt : le silence n'est véritablement pas du silence), le producteur offre d’écouter les bocaux de silence d’Alvin Lucier (1931-)*, puis ouvre une séquence axée sur le « shh » ou « chut », onomatopée inventée pour demander le silence, objet d’interprétations poétique et musicale depuis DADA (Jaap Blonk, Catherine Jauniaux, Maja Ratkje, Helmut Lachenmann, Heinz Holliger, Alin Gherman).

Suit une interview d’Igor Ballereau qui explique comment le silence est apparu progressivement dans ses compositions, par touffes, comme une promesse ou quelque chose qui se tait, en liaison avec la mort, l’ensevelissement. De ses oeuvres délicates aux voix effleurant le micro, il livre la réflexion suivante : Pour moi, le silence matérialise l’impossibilité de se rassasier des objets du monde. Dans le silence, il y a un désir de choses inexistantes.

Les dix dernières minutes de l’émission font retour sur l’œuvre ‘(t)air(e)’ du hautboïste Heinz Holliger.

* Ne manquez pas son interview par Thomas Baumgartner dans L'atelier du son (1er mai 2015)

Silence 2/4 : La haine de la musique (11 octobre 2014)

Le silence, c'est aussi pour écouter l'autre. L'autre qui est en dehors de nous et l'autre qui est en nous. Luigi Nono (56'31'')

La deuxième émission est placée sous le signe du cri, et prend à revers la thématique désignée. Plusieurs sortes de cris sont passées en revue : le cri premier, du nouveau-né ; le cri maîtrisé, inspiré au lieu d’être expiré (Roger Waters dans Careful with that axe, Eugene, album Ummagumma) ; le cri libératoire (Abbey Lincoln dans Triptych : Prayer/Protest/Peace, album We insist, ou Yoko Ono, album Two Virgins) ; le cri lancé à la rencontre de l’instrument (Yamataka Eye avec John Zorn) ; le cri expressif et technique, des chanteurs black metal (The Dillinger Escape Plan, dans Jim Fear, album Calculating Infinity) ; le cri performance (Maja Ratkje) ; le cri dernier (la scène où Don Giovanni est avalé par les Enfers).

Suit une interview de Benjamin Dupé pour son spectacle : Il se trouve que les oreilles n’ont pas de paupières, inspiré du livre de Pascal Quignard : La haine de la musique (1995). De longs extraits nous permettent d’écouter l'adaptation de l'histoire lue par le comédien Pierre Baux d’un chef d’orchestre polonais interné dans le camp d’extermination d’Auschwitz. La discussion roule sur les rapports du silence avec l’invisible, les souvenirs sonores surgissant dans notre tête sans qu’on en devine leur provenance, la collaboration texte/alto, ou l’incapacité de grouper des sons identiques par plus de deux, trois ou cinq à la fois (exemple de l’horloge mécanique citée par Quignard).

La dernière partie de l’émission est réservée à l’analyse de l’œuvre de Luigi Nono (1924-1990) : Fragmente-Stille, an Diotima (1980), traversée par des fragments de poésie de Friedrich Hölderlin. Dans un entretien donné à Michèle Reverdy, il dit : Le silence n'est pas le vide. Pour moi, le silence est plein de voix, de mémoires, d'échos, de questions avec soi-même, de questions avec les autres. Le silence des yeux. Le silence de toucher aussi physiquement. Le silence de regarder, d'écouter, de penser, de réfléchir, de la méditation. Il y a beaucoup de difficultés dans le silence. C'est un moment décisionnel dans la vie, et pas seulement dans la vie.

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Le cri du Patchwork 2/2 (France Musique) (clap de fin) - le Sam 20 Mai 2017, 23:36

Silence 3/4 : Dépasser le silence (18 octobre 2014)

La troisième émission fait la part belle aux claquements de mains, marqueur rythmique et expression d’une satisfaction ou d’un encouragement. Généralement divisés entre motif musical côté scène et applaudissements côté public, il peut arriver aux claquements de mains de la salle de rejoindre la composition musicale comme dans Momente, de Karlheinz Stockhausen. En 1972, le compositeur invitait le public à applaudir pendant l’entracte faisant de cette interaction une partie intégrante de l’œuvre.

D’une manière similaire, il est courant de voir les spectateurs, à l'initiative de l'artiste ou sans son assentiment, accompagner la musique de claquements de mains synchronisés (percussion). À l’unisson, les mêmes savent aussi s’entendre entre eux au moment d’un rappel, et accorder leurs applaudissements épars (le déphasage) en une demande collective (le phasage). Cette union concertée est aujourd’hui appelée clapping dans les enceintes sportives. Guidés par un maître du « clap », les supporters jouent un spectacle codifié destiné à soutenir bruyamment son équipe de coeur, sans originalité cependant (les clappings sont tous identiques dans leur forme et interchangeables d'une tribune à l'autre) ni spontanéité. Rien à voir avec le Clapping Music (1972) de Steve Reich, conçu pour deux interprètes.

Suit la deuxième partie de l’entretien avec Benjamin Dupé, commencé la semaine précédente, pour son spectacle : Il se trouve que les oreilles n’ont pas de paupières, inspiré du livre de Pascal Quignard : La haine de la musique (1995). Le metteur en scène explique en quoi le bruit blanc (celui du sable qui s’écoule ou de la vague qui se retire par exemple) peut prendre part à la signification du silence. Tel un temps qui passe sans aspérité, le bruit blanc lui apparaît comme un son qui efface ou qui lave les oreilles. Antoine Maisonhaute, membre du quatuor Tana, évoque de son côté le signal d’alerte présent dans le silence qui précède les catastrophes naturelles : un moment-suspens (quelque chose s’est interrompu pendant un instant) comme un moment-suspense (quelque chose d’angoissant se prépare).

Extrait du spectacle : Dans un article publié en 1903, McDougall appela intervalles morts le silence très particulier qui sépare à l’oreille humaine deux groupes rythmiques successifs. Le silence qui sépare ces groupes est d’une durée paradoxale qui naît à partir du fini et qui s’interrompt à partir du commençant. Ce silence que l’humanité entend n’existe pas. McDougall l’appela mort.

La fin de l’émission prend le temps de mesurer toute la profondeur de Stille und Umkehr (Silence et Retour) de Bernd Alois Zimmermann (1970), lequel demande au chef d’orchestre de tenir compte d’un silence extrême de la part des instruments pendant l’exécution. En l’espace de dix minutes, Stille und Umkehr nous dit tout en très peu de choses. Une note, Ré, traverse tous les pupitres de l’orchestre, de bout en bout, comme un acouphène obsédant, tandis que se déploient de courtes phrases mélodiques et rythmiques, revenant rapidement au statisme de ce Ré. En créant un espace sonore à la fois fixe et mouvant, Zimmermann donne une sensation d’intemporalité, de non-direction, un temps statique qui ne vit qu’au présent.  

Silence 4/4 : L'espace du silence (25 octobre 2014)

Si un son vous dérange, écoutez-le. John Cage (13’45’’)

La quatrième et dernière émission repose sur une simple feuille de papier. À l’instar du claquement de mains, l’étude du son produit par la feuille de papier est multiple. Le mouvement Fluxus en est l’un de ses plus fervents promoteurs (Alison Knowles, Larry Miller, Ben Patterson).

Marc Baron s’entretient ensuite avec Clément Lebrun, ex-saxophoniste reconverti en bidouilleur de machines analogique et électronique, à qui il dit : Ce que je peux dire, c’est que ce travail particulier est né d’une espèce d’intuition : est-ce que lorsqu’on est dans un espace pollué, on ne peut pas essayer de penser des sons qui pourraient jouer le rôle du silence ? C’est-à-dire : quels sons pourraient nous permettre de produire un état de silence dans un bruit de fond ? Si j’ai rencontré le silence, c’est peut-être plus par le son que par ce qui est dit « silence » lui-même.

Comme la note tenue de Zimmermann (Stille und Umkehr), ou le bruit blanc régénérateur de Benjamin Dupé, Marc Baron entend le silence comme un plan continu qui se distingue de son environnement par son égalité hors-nature, presque a-normale. Dans ses Hidden-tapes, il « creuse » le silence dans le but de faire naître une tension destinée à surprendre l’auditeur, le maintenir en veille. Il en va de même pour sa pièce Un salon au fond d'un lac (2016) où au milieu de sons atomisés surgissent des gouffres de vide, renvoyant l’auditeur à l’authenticité de son écoute. Une véritable plongée dans les strates du son.

***

Sur ce dernier post, ami lecteur, je vous tire ma révérence.


Photogramme extrait de Zelig, de Woody Allen (1983).

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« On est bien tranquille... oui... oui... » (un Brièron) - le Sam 23 Déc 2017, 22:01

Une émission aux charmes inépuisables prélevée dans les archives des Nuits par Fred de Rouen dont le compte-rendu intégral se trouve dans le fil La pilule du bonheur :
fred de rouen(http://regardfc.forumn.org/t689p50-la-pilule-du-bonheur#29691) a écrit: (...) Le 03 décembre 2017, ont surgi dans la nuit Les cris des eaux mortes, émission dont la première diffusion date du 19/08/1979. Pendant 2h30, l'auditeur est plongé dans l'atmosphère envoûtante et mystérieuse de la Brière (...) On retrouve dans ce déploiement à la fois délicat et d’une grande précision, de l’ethnologie, de l’histoire, de la géologie, de l’artisanat, des légendes et des contes (...)
Des légendes, des contes et beaucoup de silence... [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-05.12.2017-ITEMA_21514605-0.mp3" debut="76:32" fin="78:50"]

De la radio d'un autre monde...

D'autres extraits de l'émission de Madeleine Ricaud et Marie-Dominique Arrighi de 1979 sont à retrouver dans les rubriques Les oiseaux et Des idées pour France Culture et Le programme de nuit, îlot de culture (II).

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Marc Namblard, vous connaissez ? - le Jeu 22 Mar 2018, 19:24

Si vous ne connaissez pas Marc Namblard (je ne le connaissais pas avant d'écouter L'Expérimentale du 12 février dernier, émission de France Musique signalée ici hier), alors voir et écouter L'Esprit des lieux* (In the Stillness of Sounds) 2018. La radio parisienne FC ne semble pas être partenaire de ce documentaire.

Dans l'émission de France Musique, Christian Zanési avait choisi une pièce de Marc Namblard  et il en parle très bien "Lorraine : Ondes et Lumières" - Label : Nashvert Production. Au troisième top, voici Le réveil des amphibiens et la symphonie de parois (à 26'11)  [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/18081-12.02.2018-ITEMA_21585364-0.mp3" debut="26:11" fin="34:51"]  




Le preneur de son Marc Namblard enregistre les sons de la nature / Crédits Les films de la pluie - Ana Film - Vosges Télévisions - France télévisions

* Le documentaire raconte l'histoire de Marc Namblard, un preneur de son, installé dans les Vosges et inspiré par les bruits de la nature. Comme le photographe animalier, il parcourt la nature pour capter le son naturel qu'il ne détient pas encore : le craquement de la neige, la pluie qui tombe ou les bruissements des feuilles. Puis il initie les autres, en commençant par sa fille, à l'écoute et partage ainsi ses émotions.

L'intention des deux réalisateurs est la suivante :

   Notre ambition a été de faire un film sur l’écoute dont le héros tente de saisir la fuyante beauté du monde. Si l’on s’efforce d’apprendre à l’enfant à parler, à lire, à écrire, on ne lui apprend pas à écouter. (...) Avons-nous conscience, lorsque nous regardons un paysage, qu'une partie des émotions ressenties provient du fait que nous l’écoutons aussi ?



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Des silences - le Mer 29 Aoû 2018, 18:13

Vendredi ou les Limbes du Pacifique 6/16 (1ère diffusion : 22/08/1967). Lecteur François Chaumette.

Du silence et des silences : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-17.10.2017-ITEMA_21466149-4.mp3" debut="07:17" fin="08:57"]

Voir aussi De belles voix.

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Une oasis de silence - le Jeu 01 Nov 2018, 12:26

Actualisation du registre d'émissions et de commentaires sur le thème du silence dans le fil initial créé par Jean-Luuc (merci à lui) dont je recommande la lecture Du silence à la radio le Mar 09 Aoû 2016.

Par cascade, de relecture en relecture, suite à la loterie de début de mois, j'ai réécouté la première pastille du post Cîteaux, les neuf premiers siècles, extrait dont la seconde moitié est consacrée au silence.

***********

Remarque générale sur l'édition des posts dont la date est indiquée en bas de contribution : cette mention est nouvellement imposée par la plateforme "Forum Actif" ; les modifications touchent en général la remise en marche des pastilles (le site FC ayant été changé, les cotes originales également) et réactivent des liens internes ayant été invalidés par des transformations de rubriques.

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Re: Du silence à la radio -

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