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Le coin des cinéphiles    Page 3 sur 3

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Ah, Daniel Emilfork ! - le Jeu 13 Déc 2018, 12:46

Curly(http://regardfc.forumn.org/t852p60-le-programme-de-nuit-ilot-de-culture-ii#31899) a écrit: (...)
Toujours Le mystérieux Gustave Le Rouge par Jacqueline Harpet.
L'émission est construite comme un collage de poèmes, lectures, mini feuilleton radiophonique (Cornélius/Daniel Emilfork en sculpteur de chair humaine à comparer avec l'interprétation de Michel Bouquet), témoignages indirects (lectures de Blaise Cendrars, qui a contribué à la réputation de Le Rouge) ou directs (son médecin), le tout agrémenté d'explications de Francis Lacassin.  
(...)
Le sculpteur de chair humaine, le docteur Cornélius (Daniel Emilfork) : [son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-12.12.2018-ITEMA_21918362-3.mp3" debut="55:12" fin="60:03"]
(...)
Splendide passage.

Fragments d'un dictionnaire amoureux : Daniel Emilfork (Le Coin du cinéphage 18 10 2006)
"Il craque un jour devant Robbe-Grillet qui l'employa à deux reprises dans ''Trans Europe Express'' et dans l'onirique ''Belle captive'' (...)"

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Cinéphile ou cinéphobe ? - le Mer 02 Jan 2019, 16:25

Et de 1 : Le 02/01/19
Michel Ciment, critique de cinéma, directeur de la publication de la revue "Positif", livre ses préférences de l'année 2018.
« Ce qui me frappe dans cette liste c'est que tous ces films sont ouverts sur le monde, et pas seulement repliés sur les petites histoires qu'on trouve malheureusement dans le cinéma français. »

Et de 2 : La dispute, le 28/12/18 :
"L'Homme Fidèle" de Louis Garrel
"C'est un film qui joue à fond le jeu d'un entre-soi. On est dans un film d'héritier qui s'assume à plein. On a affaire à un jeu cérébral, assez froid et totalement dénué de sensualisme ce qui me paraît assez intéressant. La mise en scène supporte assez bien la circulation des désirs, notamment par la voix-off. J'ai beaucoup aimé ce film, avec un art du dialogue rare dans les films français." Lucile Commeaux
"J'aime beaucoup Louis Garrel acteur. Il est pour moi un grand acteur qui arrive à se rendre aimable dans toutes les situations. L'entre-soi ne me dérange absolument pas. J'ai toutefois l'impression de voir un acteur qui joue ses plus grands tubes. Le film a beaucoup plus de tenue que le précédent. Il y a de très belles choses et notamment cette absence d'obstacles, de drame." Murielle Joudet
"Le marketing vend ce film comme un nouveau triangle amoureux. Or, ce n'est pas tant un triangle, mais presque un quatuor, voire un quintette. (...) L'absence de conflit donne une forme d'élan aux acteurs que je trouve très bons et dirigés dans le sens de ce scénario, avec une absurdité légère." Julien Gester
"C'est une bonne surprise qui déjoue pas mal les pièges des films sous influence. Il ne reste pas du tout collé à cet effet marketing. Je vois un vrai cousinage avec Emmanuel Mouret dans ce marivaudage contemporain. Je n'ai jamais vu Laetitia Casta aussi incarnée. Lily-Rose Depp est très bien utilisée. Louis Garrel comme personnage passif, manipulé, me paraît avoir un talent comique indéniable. Le charme a opéré sur moi." Arnaud Laporte

Et on peut rajouter :
Même émission, à propos de Mary Poppins (?!?) :
"Ce film n’appartient absolument pas à son réalisateur qui est par ailleurs très mauvais. Disney s’encroûte dans les vieux pots de confiture". Murielle Joudet.
"Ce film m’a profondément ennuyée." Lucile Commeaux
                                Etc...
Or : La grande table : Mary Poppins est de retour ! (17-12-18)
et Le réveil culturel : Mary Poppins un personnage totémique à plusieurs facettes (19-12-18)
Et de 1 on fait la promo "prescrit" et de 2, dix jours plus tard, une fois que la promo "prescription" n'est plus nécessaire...

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Plein la gueule avec Robert Aldrich - le Dim 10 Fév 2019, 11:38

Plan moyennement large du 09/02/2019

Une émission en grande partie consacrée à Robert Aldrich.

On aurait aimé une émission structurée autour de plus d’intervenants et avec moins d’extraits de films.

En bref, quelques compléments dans le désordre le plus total.
- «Kiss Me Deadly » traduit en français par « En quatrième vitesse ».
On mentionne Claude Chabrol comme étant un de ses admirateurs, mais on oublie que dans les années 50 il était attaché de presse, et que le titre français est de lui.
- La critique a oublié Aldrich dans les années 70 affirment nos spécialistes. La revue Positif lui a consacré plusieurs articles, et cerise sur le gâteau on trouvera un entretien de dix pages dans le numéro 182 de juin 1976.
Et il faut revenir encore et toujours à Chabrol qui défendait les dirty dozen d'Aldrich, c'est à dire ses douze derniers films (1968-1981).
- Un des deux intervenants, Jean-François Rauger ou Marcos Uzai, s’enthousiasme à la fin pour « La cité des dangers », 1975. Snobisme ? Présence de Catherine Deneuve ? La superposition dans ce film de l’intrigue sentimentale et de l’intrigue policière ne fonctionne pas du tout. Préférons son précédent film, joliment nommé "Plein la gueule", "The Longest Yard", où des prisonniers affrontent leurs gardiens lors d’un match de football américain.
Enthousiasme étonnant lorsque par ailleurs sont passés sous silence "Twilight’s Last Gleaming"*, les dernières lueurs du crépuscule, de 1977 traduit bêtement par "L’ultimatum des trois mercenaires", ou "The Grissom Gang", "Pas d’orchidées pour Miss Blandish", de 1971 qui sont de véritables réussites, surtout depuis que la version complète du premier a été reconstituée. Son dernier film, sur le catch féminin (!), oublié aussi.
* Extrait des paroles de l'hymne national américain.

- Aldrich a commencé comme assistant réalisateur, notamment de Charles Chaplin pour Les feux de la rampe en 1952. Une rencontre pour le coup vraiment étonnante qu'Aldrich a racontée. (Où exactement ? Là, trou de mémoire.)
- Dans The Dirty Dozen, comme l'explique clairement Chabrol (références en fin de post) Aldrich montre que les pires criminels font les meilleurs soldats.

Sur le plan radiophonique il aurait fallu une émission de type Mardis du cinéma. Et des intervenants capables en peu de temps de décortiquer une scène ou un aspect de l'œuvre, tout en utilisant un vocabulaire plus précis. Voir les exemples de Jean Douchet, Serge Daney, Bernard Eisenschitz et Jean Passe et D. Mayer.

Autre oubli, le split screen chez Aldrich :



Quatre actions simultanées, et de grands acteurs. En haut à gauche Charles Durning en président des États-Unis, à côtés Richard Widmark en négociateur, au dessous Burt Lancaster en preneur d'otage encerclé par l'armée, dernière image. (Twilight's Last Gleaming)

Pour finir, Robert Aldrich et Burt Lancaster sur le tournage du même film :



"Ses films lui ressemblaient, dans la forme : pas de graisse, extravertis, style à l'emporte-pièce, cadrages béton, montage à la truelle. De quoi réveiller les cinéphiles assoupis."
Claude Chabrol, extrait de "B.A. ou la dialectique de la survie", Positif n°400, juin 1994.

Et là nous nous rendons compte que ce n'est pas fini. Donc à suivre, dans le bon goût et la distinction  :

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Plein la gueule avec Robert Aldrich -2- - le Mar 12 Fév 2019, 09:28

Plan moyennement large du 09/02/2019

Une émission en grande partie consacrée à Robert Aldrich.

Fin du début dans le chaos le plus total.

- Retour sur la théâtralité exagérée, appuyée même, à tel point que des blocs entiers de ses films se déroulent en un seul lieu, avec cadrages explosifs et montage à la dynamite : or il ne s'agit pas toujours de huis clos. En intérieur ou en extérieur (désert ou forêt), peu importe, Aldrich applique la même méthode.


- Débuts fracassants au beau milieu des années 50, avec « Bronco Apache », « The Big Knife », « Attack », mais surtout « Kiss Me Deadly », et, totalement oublié dans Plan Moyen, « Vera Cruz » dont les cadrages, le montage, l'humour seront en partie repris par Sergio Leone dix ans plus tard.

Duel Burt Lancaster/Gary Cooper :



- Ensuite c’est l’errance jusqu’en 1962 avec Baby Jane. Oubliée aussi la collaboration en Europe avec Sergio Leone, « Sodome et Gomorrhe ». Aldrich a avoué que Leone était un incapable, et réciproquement bien sûr.
En 1962 Aldrich trouve un certain équilibre, son style est arrivé à maturité. Or, il est vrai qu’à ce moment la critique l’a quelque peu oublié. Les films postérieurs à Dirty Dozen, restent à découvrir.
Autre erreur, The Killing of Sister George n’est pas un film sur Hollywood mais sur le monde de la télévision.

- Dans Plan Moyen Moyen il est question du générique de Kiss Me Deadly passé à l’envers sur une bande son audacieuse : une jeune femme essoufflée superposée à une chanson de Nat King Cole qui passe dans un autoradio.

Celui de Flight of The Phoenix n’est pas mal non plus :



Certains acteurs n’apparaissent que dans le générique : Ils meurent immédiatement après, voire pendant ! William Aldrich est le fils du réalisateur. On reconnaîtra aussi, en plus d'Ernest Borgnine qu'Aldrich adorait tout particulièrement, deux habitués aux rôles de truands, Dan Duryea, et George Kennedy. Ainsi que la musique délicate de Frank DeVol.  

- Autre point commun avec Chabrol : « la dialectique de la survie », qui ne s’applique pas seulement à ses personnages. Pour les deux réalisateurs le but était de tourner, « Et pourtant je tourne ! » (Ouvrage de Chabrol publié au mitant des années 70), quitte à accepter ce qui vient en essayant de le tourner à son avantage. Dans le genre, « Four for Texas », western décontracté sur mesure pour Frank Sinatra et Dean Martin avec comme passage obligé un grand écart et double salto arrière avec les Three Stooges (sans lui* hélas), est une réussite.

*Vidéo très artisanale mais extraits bien choisis.

- Les dirty dozen de Robert Aldrich sont donc en grande partie à (re)découvrir. A l’exception de Ulzana’s Raid (Fureur Apache), Twilight’s Last Gleaming et Emperor Of The North, les autres sont soit invisibles, en France en tout cas, c’est le cas de The Choirboys (Bande de flics), voir la bande annonce pleine de finesse dans le premier post, et « ...All The Marbles » (Deux filles au tapis), soit peu ou mal diffusés dans des copies de qualités médiocres.

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Du jour au lendemain avec Serge Daney - Hier à 11:48

Du jour au lendemain – Serge Daney (04-02-1992)

Serge Daney est invité pour présenter sa revue Trafic dont il vient de sortir le premier numéro. Il en est question un peu en début, et en fin d’émission.
Daney décède le 12 juin de la même année.
Il présente "Microfilms" sur France Culture entre 1985 et 1990, avant de passer le relais à Michel Ciment. Il a écrit aux Cahiers du cinéma, dont il a été le rédacteur en chef durant une période difficile pour la revue (1974/80), et à Libération où il a commencé à écrire aussi sur la télévision. Tout cela, Daney le rappelle dans l’émission.
On n'est pas forcément en accord avec tous ses choix, mais cela n'a ici aucune importance.

Daney se présente comme quelqu'un qui "parle beaucoup et qui écrit". Autant dire que le rôle d'Alain Veinstein sera minimal : présentation en quelques secondes et Daney va parler beaucoup.  
La radio :
[son mp3="https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13915-17.02.2019-ITEMA_21984630-5.mp3" debut="05:56" fin="06:27"]
Et la radio d’aujourd’hui, qu’en restera-t-il ? N’a-t-elle pas rejoint dans un sprint rageur sa copine télévision ?
La radio donc, et l'écoute de cet entretien met dans une lumière très crue une chose : plus personne ne parle ainsi sur France Culture. Alors que tout ce qui est dit dans cet entretien est clair, compréhensible, et surtout c'est le discours réfléchi d'un homme passionné par ce qu'il dit.
Son regard sur ce qu'est la télévision et le cinéma, et nous sommes en 1992, et sur leur devenir est d'une acuité terrible. Pour le cinéma, il est évident que nous sommes bien au delà de ce qu'il constate alors : c'est une industrie. Mais point final.
Le cinéma tel que Daney le comprend est devenu complètement marginalisé.
Il semble même que nous soyons revenus aux débuts du cinéma, c'est redevenu une attraction foraine.
Serge Daney attaque de manière frontale l'industrie du cinéma français en la traitant de "mafia". Les noms sont donnés. "Mafia" qui intimide les critiques, qui impose ses choix, qui veut faire rentrer avant tout des sous, et c'est tout.
Il suffit d'écouter France Culture, de voir les films (ou autres...) qui sont mis en avant dans les médias pour comprendre où nous en sommes.
A part des banalités, des lieux communs, des dossiers de presse digérés et restitués fidèlement pour en faire la promotion, que reste-t-il ?
Les producteurs de France Culture, mais aussi les « critiques » (de type Monde/Inrocks/Téléram’…) n’utilisent-t-ils pas pour nous vanter un film, un livre, une pièce, une exposition… le même vocabulaire que celui des publicitaires ?
Alors du coup le discours de Serge Daney, si admiré, mais totalement à contre courant, pour qui le cinéma est avant tout un art et non une industrie, est un grand plaisir d’écoute. Une bouffée d’air frais.
Qui a laissé place à ce que l’on sait.

Aussi : A voix nue 11 & 12 mai 1992. Entretiens avec Noël Simsolo. Seulement les deux premières parties.

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Re: Le coin des cinéphiles -

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